18/05/2005

Déménagement

Serveur trop lent, souvent en panne et blog de plus en plus difficile à mettre à jour.... je déménage vers http://allochtone.blogspot.com



Dites-moi si ça ne vous dérange pas trop...


10:28 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

16/05/2005

Saint-Josse et son karting

La Place Saint-Josse, en plein cœur du Türkbeekistan, est transformée en circuit karting durant 3 jours. Vroom vroom et pitta-dürüm défilent devant "Jésus est avec nous" placardé sur la façade de l’Eglise. Avec nous aussi les produits russo-polono-arméniens de l'ex-Maison Van Geel, c’est toujours agréable de prendre un verre au Palais des Délices à deux pas d'éminences socialistes ou prendre une bière en écoutant la dernière blague du bourgmestre sur le podium rue des Deux Eglises. A ne pas manquer non plus le bourdonnement des tuniques bleues à l'oreille "choucroute" dispatchant le public. Quelques activités pour enfant aussi si votre bambin supporte le boucan et la pollution. C’est cool et chaudement recommandé avant de replonger devant l’ordi…

17:48 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

15/05/2005

"Une particratie monocolore avec un parti unique"

11 mai 2005, le gouvernement belge n’arrive pas à résoudre son fameux problème 177, une querelle linguistique au sujet d’un arrondissement électoral et judiciaire dans son système fédéral. Tous les spécialistes, dont le politologue du CRISP Vincent de Correbyter, sont requis à l’endroit secret où se joue l’avenir de ce dossier « BHV » qui ennuie tout le monde.

Au même moment, dans les locaux de La Fonderie (centre d’histoire économique et sociale de la région bruxelloise) en plein cœur de Molenbeek, deux barbus ouvrent la séance de réflexion sur la démocratie représentative en Belgique. Pas de panique, il s’agit d’une « rencontre discutante » co-organisée par la Ligue des droits de l’Homme et le site Résistances.be.

« On aurait dû intituler la conférence BHV. On aurait eu plus de monde », ironise le premier barbu qui s’appelle Dan Van Raemdonck, Président de la Ligue des droits de l’Homme. « Après les dernières élections, en prenant un verre Place de la Liberté à Bruxelles, nous avons eu l’idée d’une conférence sur le poids du suffrage universel. Nous votons maintenant presque chaque année mais est-ce que cela sert à quelque chose ? Parler du suffrage universel tout en n’oubliant pas ceux qui ne peuvent toujours pas encore voter. Comment se passe la vérification du vote ? Le seul de 5% est-il tolérable ? Tout ceci dans un cadre antipoujadiste car le but est de renforcer la démocratie participative entre deux tours de scrutin. Le principe d’ « accountability », notion anglaise qui se réfère au rendre compte et qu’on applique généralement aux ONG, devrait être également posé aux partis politiques. Les organisations non gouvernementales rendent des comptes depuis une loi de 1921, les partis politiques pratiquement pas en dehors de la sanction électorale. Les partis sont simplement des associations de fait et ce n’est que très récemment que des lois régissent leurs financements publics. »

L’autre barbu, co-animateur de la conférence, s’appelle Manu Abramowicz. Spécialiste de l’extrême droite et animateur bénévole du site Résistances, il commente brièvement la stratégie de lutte contre l’extrême droite en Belgique.

lire la suite : http://www.minorites.org/article.php?IDA=8989

12:23 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

13/05/2005

BHV : la fin de la guerre civile belge ?

Une banale histoire d’arrondissement électoral et judiciaire (Bruxelles-Halle-Vilvoorde) plombe la vie politique belge au quotidien depuis plus de deux ans. Pour comprendre l’objectif respectif des deux groupes linguistiques sur scène (flamand vs francophone), il suffit de s’arrêter aux sigles BHV ou B-HV. Maintenir l’arrondissement en réformant la loi électorale pour rétablir la conformité requise par la Cour d’arbitrage pensent les Francophones ou scinder l’arrondissement entre Bruxelles d’une part et Halle-Vilvoorde d’autre part comme le souhaitent les Flamands afin d’empêcher les électeurs de pouvoir voter pour des listes francophones.

Un sujet qui fait bien rire nos voisins en plein débat sur la construction européenne mais pleurer les Belges. Mais au fond, BHV est-ce important ? Plus important que la commémoration de la fin de la Deuxième Guerre mondiale à Moscou pour le Premier ministre Guy Verhofstadt (VLD) qui a préféré annuler son départ pour s’attaquer à… un arrondissement électoral. A-t-il réussi à sortir de BHV ? Non, le gouvernement n’a pas trouvé d’accord mais le débat pourra reprendre … après les élections de 2007.

Le quotidien flamand De Morgen notait avec une pointe d’ironie le traitement de ce dossier par les correspondants de la presse étrangère : « Un observateur extérieur de ce type est le correspondant bruxellois du journal britannique de référence The Times. Celui-ci a apporté hier un nouvel éclairage sur l'affaire Bruxelles-Hal-Vilvorde. Selon Anthony Brown, la guerre linguistique s'est à nouveau déchaînée dans cet amusant pays, et cela a déclenché des "émeutes". La situation "n'est plus sous contrôle" et "des manifestations se sont termineées par un affrontement violent avec la police". Hé bien, nous aussi on s'est cassés la tête à propos de la nature et de l'ampleur de ces émeutes et de toute cette violence. Avec une seule conclusion: Anthony Brown faisait probablement allusion à cette unique manifestation sous un petit soleil de printemps à Linkebeek, où quelques centaines de Flamands et de Wallons devaient manifester, au besoin les uns contre les autres. La seule chose qui fut à l'époque douloureuse était l'accoutrement des gens de la N-VA, qui sont sortis dans la rue avec des chapeaux haut-de-forme. Mais c'est vrai qu'il y avait beaucoup de policiers. Plus que de manifestants. A la rédaction, ça nous fait penser à la crise des Fourons. Quand celle-ci atteignit un point d'orgue, un journaliste politique de l'époque, de notre journal, reçut un coup de fil d'un collègue d'Irlande du Nord. Pour lui demander s'il voulait bien lui exposer le contexte de la "guerre civile" en Belgique. »

Deux ans de débat dans le vide sur le dossier BHV. Maintenant qu’il est au frigo communautaire (toujours temporaire), le gouvernement va enfin pouvoir créer 200.000 emplois en plus des pertes subies par les licenciements à grande échelle (Sabena, VW, …).

[merci à PYL pour l'info]

11:02 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

10/05/2005

Les ratés de l’enquête sur le décès du commerçant turc

Il y a presque 3 ans, deux commerçants turcs étaient abattus à Schaerbeek. L’un d’eux succombait à ses blessures tandis que l’autre grièvement blessé est aujourd’hui invalide. Bien que reconnu par les victimes, l’auteur des coups de feu et son frère, commanditaire présumé de cet assassinat, n’ont pas été arrêtés. Si le tireur est sans doute au Maroc, son frère en revanche est domicilié en Belgique. Anabelle Loïc, juriste dans une organisation internationale, connaît bien la famille des victimes.

Elle s’interroge au micro de Philippe Carlot sur les lenteurs et les ratés de l’enquête : « On se demande pour quelles raisons, il y a eu une telle injustice. Est-ce que c’est le fait que ce soit un crime passé entre deux ethnies, deux communautés ? D’un côté marocain, d’un côté turc qui fait que cette enquête n’avance pas aussi vite que si c’était des Français ou des Belges de pure souche ou d’autres Européens. On a l’impression que si le crime s’était passé dans cette rue Vanijk à Ixelles plutôt qu’à Schaerbeek, les choses iraient plus vite. C’est un peu cela mon sentiment. Quelle est la raison qui fait que l’enquête n’a pas avancée ? J+3 ans, il y a un crime, un mort et pas de justice qui avance. Il n’y a pas d’enquête de menée. Il y a eu une succession de juge d’instruction et pour quelques raisons inexpliquées, cela piétienne. C’est vraiment ça.

Source : Journal Parlé de Vivacité (10-05-2004 à 06h30 – Infos régionales bruxelloises)

13:24 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/05/2005

Conways, un bar branché à la mode raciste ?

Deuxième essai le samedi dernier au Conways, Avenue de la Toison d’Or à Ixelles, où j’espère enfin pouvoir mettre les pieds sans screening ethnique à l’entrée comme la dernière fois (relire « 1, 2, 3, nous irons en boîte »). En plus, j’arrive cette fois avec deux arguments en béton, je suis accompagné d’une femme et elle est blanche de surcroît. Je fais discrètement deux pas en arrière tout en ralentissant la cadence afin que l’abruti à la porte puisse réconforter ses clichés en voyant une belle bourgeoise au teint pâle. Crâne rasé, veste noire et regard qui tuent, il a le look parfait d’un neo-nazi allophobe et grossier.

C’est à peine si je ne me cache pas derrière la demoiselle pour passer cette frontière mentale raciste. Elle s’approche mais le portier lui demande ce qu’elle veut. Habituée des lieux, elle répond « Bonsoir » comme à chaque passage dans le passé. Il ne comprend pas mais elle répète. Alors, il se tourne vers moi et m’interpelle en me tutoyant. « Tu es déjà venu ici, toi ? », me lance-t-il d’un air dégoûté. Je regarde sur moi pour voir si j’ai des tâches sur les vêtements, rien du tout. Je ne suis pas non plus en état d’ébriété. Me sentant agressé, je décide de ne pas lui adresser la parole. Regardant ma cavalière d’un air humilié, je lui lâche : « Peut-on partir s’il te plaît ? ». Elle accepte tout en assistant à une belle expérience de grossièreté déplacée. Trois pas plus loin, je me retourne pour marquer le point avec un regard désapprobateur mais l’abruti s’enfonce en faisant un geste sexuel obscène. Tellement grossier que je préfère passer sous silence et ne pas relater le dernier coup à ma charmante compagnie.

Conways était un bar que je fréquentais régulièrement durant mes années d’études. Lieu branché du haut de ville, on y retrouve généralement l’atmosphère très british de la convivialité entre clients tout en écoutant les derniers morceaux à la mode. Triste de constater qu’au fil des années, quelques membres du personnel (pas tous !) développent visiblement le profilage ethnique à tendance raciste pour sélectionner la clientèle. Si j’étais patron d’un bar bruxellois, la promesse de suivre une formation « multiculturelle » serait un critère de sélection à l’embauche. Surtout dans une ville pluriculturelle comme Bruxelles.

Ecrire au boss du Conways, est-ce une bonne idée d’après vous ?

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08/05/2005

L'autre "Pride" de ce 7 mai 2005

A l'ombre de l'architecture au style byzantin de l'église Sainte-Marie à Schaerbeek, près de 300 manifestants munis de drapeaux et turbans turcs ont participé à la "marche au respect du drapeau". Beaucoup de jeunes, de drapeaux et de chants à la gloire du drapeau turc se faisaient entendre sur la place de la Reine entrecoupés de passages de trams. A l'origine, la marche turque se voulait une simple copie d'une représentation folklorique et culturelle, à l'image du défilé annuel du même type à New York ou de la Zinneke Parade à Bruxelles. Depuis l'année passée, une forte récupération nationaliste a permis de transformer la portée d'un tel événement pour en faire une marche purement politique et farouchement nationaliste.

L'année dernière, le mot d'ordre était "Prends ton drapeau et participe aussi - Rejette les affirmations de génocide" (sous-entendu "arménien"). Comme la manifestation prenait place le 29 mai 2004, soit à quelques jours du scrutin régional, une série de personnalités politiques et candidats PS, MR, CDH et Ecolo avaient paradé en tête de cortège. Depuis, la seule personnalité à avoir publiquement exprimé des regrets à ce sujet est l'écologiste namuroise Nermin Kumanova. Tous les autres, fidèles à l'agenda turc, campent sur leur position et préfèrent parler soit de "prétendu génocide arménien" (Emir Kir au PS, Sevket Temiz et Sait Köse au MR, Halis Kökten au CDH), soit de "génocide perpétré par les Arméniens contre les Turcs" (Mustafa Öztürk au MR).

Cette année, le mot d'ordre à nouveau politique était "respect au drapeau" en réponse à la nouvelle d'un drapeau turc brûlé lors des manifestations arméniennes le 24 avril dernier. Mais curieusement aujourd'hui, seuls des élus du MR (les échevins Sait Köse et Nezahat Namli, le conseiller communal Sevket Temiz, et l'ex-candidate Hatice Ciftci) et le conseiller communal anversois Ergün Top (CD&V) ont répondu à l'appel.

Un officier à la retraite prend la parole dans le mégaphone pour prononcer un discours fleuve sur le "complot impérialiste mondial contre la Turquie" avec l'aide de "ceux qui veulent creuser la tombe de la Turquie". Il précise également que "les Turcs ne sont l'ennemi d'aucun peuple, d'aucun drapeau, d'aucune culture" tout en appelant les "politiciens d'origine turque à ne pas baisser les bras pour témoigner leur amour au drapeau turc". L'échevin des Finances, Sait Köse (MR-FDF) souhaite brièvement "la bienvenue dans ce qu'on appelle le quartier turc de Schaerbeek". "C'est grâce à vos soutiens que nous sommes arrivés à ce niveau et c'est grâce à vos soutiens que nous pouvons mieux nous battre dans les structures internes de nos partis respectifs". Ce même élu belge avait déjà demandé le soutien des électeurs lors d'une affiche électorale pour planter "le drapeau une étape plus loin". Quel drapeau ? La réponse était évidente lors de cette manifestation.

Les organisateurs de la "plate-forme des Turcs de Belgique", sous la coupole de l'association de pensée ataturkiste de Belgique (BADD), distribuent un tract très engagé pour dénoncer "les homélies hostiles à la Turquie" qui auraient, d'après les sources ataturkistes, récemment "été lues lors des messes tenues dans toutes les églises européennes". Au passage, on notera que cette association qui se qualifie de gauche, et se fait volontiers passer comme telle dans ses relations avec des associations ou partis belges, prend position dans le tract sur le débat chypriote en faveur des positions nationalistes extrémistes et anti-européennes, rejetées par les électeurs, de l'ex-président Rauf Denktas, nationaliste de droite.

Mais les "BADD boys" ont soutenu pendant des années Denktas, à la tête d'une coalition entre la droite et les Loups Gris, et tant sa défaite au référendum sur le "Plan Annan" que la victoire électorale de la gauche chypriote-turque ne semble pas pousser cette association proche du "Parti du Travail" turc (stalino-nationalisto-militariste) à une quelconque remise en cause...

Quand les homosexuels défilent le même jour à Bruxelles, de nombreuses personnalités politiques non homosexuels participent à la gay Pride ou l'encouragent tout au long du parcours. Aux "marches turques" de 2004 et 2005, on ne retrouve pas un seul politicien belge autochtone, pas même un petit « dorps politicus » (politicien de village comme l’écrit la presse flamande) comme le bourgmestre Jean Demannez de Saint-Josse ou Willy Decourty d’Ixelles.

Cela ne devrait-il pas pousser à la réflexion les associations et élus turcs qui organisent ces manifestations empreintes de chauvinisme et sans aucune revendication positive concernant les Turcs de Belgique, pourtant confrontés aux mêmes discriminations que les autres personnes issues de l'immigration ? Pas de doute sur les stratégies utilisées et les résultats à l’arrivée.

Quand l’association turque EYAD et le Centre hellenique organisent conjointement avec succès les soirées annuelles gréco-turques dans un esprit de respect mutuel sincère, la participation des personnalités politiques belges de premier plan est une évidence. Quand les « BADD boys » et des personnalités d’extrême droite turque organisent conjointement des manifestations chauvinistes à forte connotation symbolique, l’absence des personnalités politiques devient également une autre évidence.

En bref, si les associations turques se contentent d’organiser des activités avec d’autres associations d'autres minorités (Italiens, Marocains, Albanais, Arméniens, Assyriens, Kurdes, ....), elles n’auront plus besoin de défiler sous la pluie pour demander le respect au drapeau.

Mehmet Koksal

archives:
Des élus du PS, du MR et du CDH dans une manifestation négationniste (publié le 08-06-2004)

http://users.skynet.be/suffrage-universel/be/beel04turkis...

22:13 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/05/2005

Les droits de l'Homme musulman

Débat sur l'islam et les droits de l'homme organisé à l'ULB par le Cercle des Etudiants Arabo-européens. Des étudiants dont la réputation n'est plus à faire tant le professionnalisme, la rigueur et l'écoute méritent en soi une médaille. Salle comble comme d'habitude pour Tariq Ramadan, Radouane Bouhlal (modérateur du débat - MRAX), Felice Dassetto (UCL) et Dan Van Raemdonck (Ligue DDH).

L'un des meilleurs moments était la poussée dans les cordes de Tariq Ramadan par le modérateur. Alors que la star musulmane tentait d'esquiver la question d'Anne-Marie Roviello sur la définition de la charia ("oui ou non séparation des pouvoirs ?"), le modérateur martèle : "J'attends votre réponse car vous n'avez toujours pas répondu!" Et Ramadan de concéder du bout des lèvres une acception communément admise par... lui-même. Mais, le "frère Tariq" a aussi marqué le point en parlant des gens qui le critiquent sans l'écouter ou le lire vraiment. "Quand je parle de moratoire pour la lapidation, la peine de mort et les autres formes de tortures, on ne retient que la lapidation pour ensuite m'accuser à nouveau de 'double discours'. J'ai alors envie de répondre 'n'avez-vous pas une double audition ? " Tariq Ramadan s'est également prononcé contre les "gays pride" en précisant qu'il était contre les moyens utilisés mais pas contre les revendications.

Felice Dassetto a livré une grille de lecture avec 4 écoles ou dimensions des droits de l'Homme dans l'islam en classant la version Ramadan dans la ... 5e tendance critique. Dassetto a aussi lancé un émouvant appel au dialogue et à la confrontation des idées dans l'espace publique.

Enfin, prestation courageuse de Dan Van Raemdonck défendant une version laïque "à la belge" (par opposition à la conception française) face à un auditoire sceptique sur ses exemples à connotation sexuelle. "L'universalité des droits de l'Homme ne peut être disqualifiée par la mauvaise instrumentalisation. Ce n'est pas parce que dans certains cas, comme les politiques du FMI ou de la Banque mondiale, les droits de l'Homme sont effectivement instrumentalisés que l'outil est mauvais. Par ailleurs, c'est vrai que ces principes ont été inventées dans le monde occidental mais ils ont bel et bien une portée universelle. Un marteau doit pouvoir enfoncer des clous partout, pas seulement dans l'espace géographique où il a été inventé."

Faut-il encore avoir ce marteau pour taper sur les bons clous...

01:31 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (35) |  Facebook |

03/05/2005

Kebab sur porc ?

La société publique de télécommunications Belgacom a décidé de faire de la pub pour son numéro 1307 (renseignements) à travers ce set de table pour le moins "original" avec l'image en gros plan d'un cochon. La société Boomerang qui gère la distribution gratuite et la commercialisation de ce support publicitaire dans les restos bruxellois n'a visiblement pas eu la bonne idée de suggérer une version "mouton" pour la clientèle musulmane fortement présente dans la capitale. Pas très commercial tout ça !

Lors d'un repas bien casher, la patronne d'un délicieux resto en plein coeur d'un quartier allochtone m'a rapidement assuré qu'aucun client n'avait remarqué la manoeuvre pur-porc. Finalement, on a imaginé un consensus "à la belge", la version cochonne à gauche et la version provisoire neutre à droite. Enfin, je doute quand même qu'un musulman accepte de partager son repas en terrain si peu "halal"... mais après tout pourquoi pas ? Peut-être, que c'est justement par la bouffe que commence la tolérance, non ?

16:24 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (15) |  Facebook |

02/05/2005

1, 2, 3, nous irons en boîte…

Ma peau bronzée qui me colle à la peau, je me rendais la semaine dernière en compagnie d'un autre ami issu de la même tonalité colorée dans une boîte sur l'avenue de la Toison d'Or à Ixelles. Pas de bol, j'ai encore subi le screening négatif du portier. "Je vais appeler le patron pour demander si vous pouvez rentrer", "Nous travaillons avec nos habitués", "Au revoir et bonne soirée"... C'est cela et vas te faire enc...

Coup de bol, au même moment, je vois défiler 2 têtes blondes. Deux mecs comme nous, moches contrairement à nous et habillés jeans et chemises comme nous. Je regarde le portier qui se sent alors obligé d'ajouter qu'un "Arabe et un Noir travaillent derrière le comptoir". Ouf, la gestion multiculturelle était sauvée. J'ai eu peur pendant un instant...

Je suis rentré chez moi en me demandant pourquoi les Blancs réagissent si peu à ce type de discrimination et finalement je me suis rappelé d'un commentaire à ce propos. Une personne qui affirmait ne jamais avoir subi de discrimination. En effet, la plupart des bobos qui fréquentent ce genre de club ne subissent jamais ce type de discrimination. Ils se font certes insulter de "flamani" dans certains quartiers chauds de Bruxelles une fois par an mais jamais le portier n’oserait leur barrer le chemin.

Alors que faire pour sensibiliser ? Discriminer bien sûr.

Il faudrait en effet mettre sur pied un cas réel de discrimination inverse sans que le cobaye puisse s'en rendre compte. Par exemple, la même boîte qui joue le jeu en refusant systématiquement les clients généralement d'apparence claire. Utiliser une discrimination, recueillir les impressions par écrit de la victime et ensuite lui dire "reviens gamin, c'est pour rire gamin !" (copyright Poelvoorde) Il pourra ensuite relire ses impressions et ses frustrations pour mieux comprendre (temporairement) le débat.

Deuxième essai dans une autre boîte où on nous précise qu'"il faut être accompagné" sous entendu d'une fille. Premièrement, je suis visiblement bien accompagné d'une autre personne et deuxièmement c'est justement pour pouvoir être accompagné d'une fille que je sors dans cette boîte. Je sais qu'une déesse s'impatiente à l'idée de me voir quelque part (dans cette boîte ?) et je ne désire que rencontrer nos désirs affectifs partagés. C'est le monde du "peer2peer" amoureux, je veux me connecter à son serveur pour uploader mes émotions et elle pourra downloader ce qu'elle voudra mais le fournisseur d'accès me refuse... l'accès ! Tant pis, elle devra se contenter d'une discussion virtuelle sur MSN.

Encore une fois, je me sens victime du sexisme. Si j'étais né "fille", on ne m'aurait pas demandé nécessairement d'être accompagné. C'est comme certaines publicités à la radio où les filles doivent appeler tel numéro au tarif normal tandis que les "garçons" appelleront le tarif spécial lourdement taxé. On appelle ce genre de pratiques, une discrimination basée sur le seul critère du sexe... camouflée dans l'esprit commercial global.

Allez, la prochaine fois, je sors dans une boîte gay. Au moins là-bas, on aura toutes les qualités requises pour pouvoir prendre le verre : accompagné d’un mec, bronzé donc exotique, t-shirt « sexe » qui fait très « bitchy »… Voilà peut-être une solution : ce serait bien si les portiers de boîte de nuit étaient gays, non ?

10:24 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

27/04/2005

Coverliers voyage grâce au Vlaams Belang

Le quotidien néerlandais Algemeen Dagblad indique que le sénateur Hugo Coveliers (ex-VLD) a accepté des "voyages d'étude" payés par le Vlaams Belang (extrême droite flamande). En compagnie du député LPF (Liste Pim Fortuyn, extrême droite hollandaise) Hilbrand Nawijn et de Filip Dewinter (VB), il a pu étudier la politique d'immigration au Danemark.

La semaine dernière, c'est le journaliste vedette de la VRT, Siegfried Bracke, qui faisait la Une des médias flamands pour avoir accepté de modérer un débat avec rémunération pour le compte du Vlaams Belang. Un geste qui a même étonné les dirigeants du parti extrémiste n'hésitant pas à en rire avec d'autres élus à propos de sa rémunération. Le même Siegfried Bracke avait refusé à deux reprises, il y a quelques années, de prendre la parole lors d'une commémoration judéo-chrétienne de l'holocauste à Anvers, révèle l'hebdomadaire Knack (20/04/05). La raison de son refus était que la VRT lui imposait une "neutralité". Deux ans plus tard, il décide d'animer un débat pour le Vlaams Belang.

Le quotidien De Standaard avait déjà taté le terrain en insérant des publicités sous forme de bulletin d'inscription au parti lors de son relifting après sa condamnation pour propos racistes par la Cour de Cassation. La question : peut-on accepter de l'argent d'un parti extrémiste ?

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25/04/2005

90e anniversaire du génocide arménien

« Voyez-vous le snack Antalya avec ses pitta, kebab et dürüm ? Vous prenez à gauche la rue Kindermans et quelques mètres plus loin, vous trouverez l’église apostolique arménienne Sainte Marie-Madeleine », guide un fidèle pèlerin soigneusement endimanché pour suivre les activités de la communauté arménienne de Belgique qui se prépare à commémorer le 90e anniversaire du génocide arménien.

Coupole dorée, faisceaux de lumière transperçant la monotonie d’une salle sombre, ambiance enfumée d’encens au sein de l’édifice religieux, l’atmosphère est évidemment imprégnée de spiritualité. Le guide religieux prononce à peine sa liturgie en langue arménienne que la salle enchaîne par des signes de croix. A l’arrière gauche, c’est le défilé des bougies. Chaque visiteur allume sa petite flamme pour marquer sa présence et se recueillir à travers des prières.

Une vieille femme d’environ 1,20 m aux cheveux gris s’approche des bougies. Des yeux gris sous son imper gris, elle fronce les sourcils en prenant un air aigri. Elle pleure en silence, remet de l’ordre dans ses flammes et s’écarte à l’arrivée d’un jeune couple. Le défi sera plus dur pour la petite fille qui meurt d’envie d’allumer aussi sa propre bougie. Trop petite, elle a du mal à atteindre la hauteur de la table pour finalement bénéficier de l’aide de son père. Elle aussi en pleurerait presque… de joie.

Vers midi, la foule se dirige vers le fameux monument à la mémoire du génocide arménien située place Henri Michaux. Plusieurs groupes de manifestants discutent à haute voix en condamnant fermement l’attitude du secrétaire d’Etat bruxellois aux Monuments et Sites, Emir Kir, du Parti socialiste. Un parti qui n’a visiblement pas jugé utile d’envoyer un quelconque représentant pour le 90e anniversaire du génocide arménien, même pas Willy Decourty le député-bourgmestre d'Ixelles, où se trouve le monument. Parmi les élus présents, citons Yves de Jonghe d’Ardoye, Alain Destexhe et Michel Breydel de Groeninghe pour le MR ainsi que la présidente Joëlle Milquet pour le CDH. « C’est bon, je t’ai pris en photo. C’est pour Père Ubu », lance de manière amicale Rodolphe Bogaert, rédacteur en chef de l’hebdomadaire satirique, visiblement très intime avec l’ex-bourgmestre ixellois Yves de Jonghe d’Ardoye.

Mais tandis que Joëlle Milquet recueille des remerciements pour sa présence remarquée par certains Arméniens, Pierre-Yves Lambert (Suffrage Universel) apostrophe la présidente en lui demandant si sa présence signifie aussi la fin des candidatures négationnistes turques sur les listes CDH.

La réaction de Joëlle Milquet est alors immédiate : « Nous n’avons jamais eu de personnes négationnistes sur nos listes. Bien entendu que nous reconnaissons la réalité du génocide arménien. Cela n’a fait l’objet d’aucun débat au sein de notre parti. Je vais vous donner un exemple. Suite à ma visite auprès des réfugiés kurdes, l’ex-candidate CDH d’origine turque, Bahtisen Yarol, m’a envoyé un sms de remerciements pour mon action. J’ai vraiment apprécié car d’habitude les Turcs n’ont pas grand-chose à faire des Kurdes. Par ailleurs, Bahtisen Yarol reconnaît évidemment le génocide arménien. Vous savez, à chaque fois qu’un Turc veut faire de la politique, on dit qu’il est soit d’extrême droite, soit qu’il est membre des Frères musulmans. Ca devient n’importe quoi… Quant à Halis Kökten, il n’est à ma connaissance pas membre du bureau politique. Il assiste à certaines réunions du parti quand on aborde des sujets internationaux. Je ne sais pas non plus tout ce qu’il fait. » Et pour preuve que le CDH ne tergiverse pas sur cette question, Joëlle Milquet n’a pas hésité à promettre un communiqué de presse dans l’après-midi même pour réaffirmer que son parti reconnaît bien le génocide arménien, fin de la polémique.

14h30, le prochain rendez-vous est fixé devant l’ambassade de Turquie à Bruxelles. Curieusement, le profil du public change complètement. Alors que devant le monument, on pouvait voir une classe bourgeoise d’âge avancé et d’allure raffinée, le groupe de manifestants arméniens devant l’ambassade turque regroupe davantage la dernière vague d’immigrés d’origine arménienne avec une forte présence de jeunes. Un tract politique est ensuite lu devant les manifestants : « Un point particulier est la situation de certains élus d'origine turque à Bruxelles. En effet, ces élus de PS, CDH ou MR qui ont des positions ouvertement négationnistes ne courent aucune sanction de la part des instances dirigeantes des partis respectifs. La direction de ces partis ne trouve rien à dire si ce n'est un consentement béat au nom du particularisme des communautés d'origine. On ne peut marchander sur le dos des victimes des génocides. On ne peut accepter aucune concession à cet égard et surtout pas la politique de deux poids deux mesures. »

Personne ne soupçonne visiblement la présence de policiers en civil et d'agents secrets belges. Lunettes Rayban, talkywalkies et longs parkas, les agents discutent tranquillement en langage codé : « Raymond à l’écoute. Allô, Boubou, tu m’entends ? Dis Boubou, j’ai un manifestant avec son drapeau ici. Tu me reçois ? » … 10-9 ! 10-9 ! La transmission est mauvaise. Imperturbables, plus de 200 manifestants déballeront banderoles et slogans contre la position de l’Etat turc sur le génocide arménien. Mais l’organisateur demande une minute de silence pour les victimes de tous les génocides, y compris pour les Assyro-araméens, les Grecs et les Yezidis. Ensuite, des appels plus radicaux sont repris en cœur par les manifestants : « Turquie, assassins ! », « l’Etat turc génocidaire doit reconnaître sa faute ! », « Génocide, barbarie ! »,…

15h30, la dernière activité prend place au Théâtre de Poche. Le groupe artistique Louys-Arto propose la lecture de la pièce Papiers d’Arménie de Caroline Safarian. Un texte d’une intelligence remarquable lu avec émotion par des comédiens de talents. L’histoire se passe dans un train belge en direction de Liège. Deux jeunes, l’un d’origine arménienne (Azad) et l’autre d’origine turque (Levent), débattent sur la mémoire et l’oubli à travers un subtil jeu d’identités croisées. L’un souffre d’un silence démentiel, l’autre revendique l’amnésie volontaire.

(extraits)

Levent : Je ne parle pas de ce que je ne connais pas, Azad ! On ne m’a pas raconté la même histoire qu’à toi ! On ne m’a pas parlé de génocide ! Et je ne connais pas ton passé. Pourquoi les Arméniens s’évertuent à dire « génocide » au lieu de « guerre » ? Ce serait déjà un premier pas. Un déplacement de population ce n’est pas un génocide ! Il ne faut pas tout confondre !
Azad : D’accord, Levent ! Tu voulais connaître le personnage ? Alors, parlons de son histoire, mais allons jusqu’au bout ! Alors Azad répond à Levent qui lui impose de prouver… « exactement comme on le demanderait à un coupable » : Une guerre, mon cher Levent, c’est entre deux Etats armés ! Un génocide c’est quand un Empire s’attaque à une minorité… et fait 1 million 500 mille morts et continue à nier les faits nonante ans après ! C’est pourtant bien ça la définition même du génocide !

(…)

Levent : Je n’ai pas étudié l’histoire de cette époque ! Il y a tout un contexte historique que je ne connais pas ! Si je faisais des recherches, de vraies recherches, alors peut-être que… Je ne ais pas … Si on ressortait des archives ou…

Azad : Tu as fait des recherches sur l’histoire des juifs en Europe pendant la guerre 40-45 ?
Levent : On me l’a apprise !
Azad : D’accord ! Mais je te demande si tu as fait des recherches, des « vraies recherches » comme tu dis ? Ou peut-être que tu remets en doute tout ce pour quoi tu n’as pas fait de recherches ? Fais tes recherches, je t’en prie, Levent ! Fais tes recherches ! Mais fais-les vraiment, alors ! Parce que tous les Arméniens du monde entier ne se sont pas mis d’accord pour mentir, tu sais. Ou pour comploter contre les Turcs. Et comme tu ne cesses de le répéter, ça fait nonante ans ! Tu ne crois pas que c’est long aussi pour les Arméniens, nonante ans ! Je ne suis pas pro-arménien ou anti-turc. L’Arménie ne veut plus dire grand-chose non plus pour moi. C’est du droit à la mémoire dont je te parle !
(fin de l’extrait)

L’ensemble de la lecture est une formidable aventure remplie d’humours et d’ironies qui ne manque pas d’effleurer non plus le racisme belge à l’égard de ses bronzées.

Enfin, la soirée se terminera par un débat sur le thème de Génocide et représentation où parmi les orateurs, le journaliste Dogan Özgüden (www.info-turk.be) évoquera la trajectoire politique d’un petit employé d’un centre social communal : « Je prenais la parole dans un débat sur le racisme où j’ai aussi parlé du négationnisme de l’Etat turc à propos du génocide arménien. Ce jeune d’origine turque s’est levé pour me dire que cela n’avait rien avoir avec le sujet de la réunion et qu’il ne fallait donc pas en parler. Puis, j’ai vu que l’intervenant en question a été nommé par le Parti socialiste au poste d’échevin des Affaires sociales dans sa commune et ensuite installé au siège de secrétaire d’Etat régional par ce même parti. »

Mais le débat au sein du Parti socialiste risque de prendre un nouveau tournant. A noter déjà la prise de position de la ministre de la Culture, Fadila Laanan (PS), qui par le biais d’une lettre publique a tenu « à féliciter et à encourager chaleureusement, tous les artistes présents : comédiens, metteurs en scène, écrivains, journalistes, intellectuels. Tous sont des gardiens de l’indispensable mémoire et des passeurs de sens. Et comme tels, ils sont l’honneur de la Démocratie. »

[MK]

12:54 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/04/2005

Monseigneur Halis, missionnaire au Türkbeekistan

Incroyable le chemin parcouru par Halis Kökten en si peu de temps. Rien ne prédestinait cet élu communal de Saint-Josse-Ten-Noode à siéger au conclave du parti social-chrétien… pardon au bureau politique du Centre Démocrate Humaniste (CDH), on s’y perd à la lecture du communiqué du parti à propos du décès du chef de l’Eglise catholique (cf. infra). Brouillon mais bûcheur, rusé mais généreux, prétentieux mais souriant, Halis Kökten avait le profil idéal pour racoler les voix communautaires dans ce magma ethnique franco-flamand bruxellois.

Sa participation politique sur la scène belge affiche déjà deux résultats notoires auprès des personnes qui le côtoient : un meilleur niveau de français et une connaissance plus aiguë du système clientéliste, fondement de base de la démocratie particratique belge. Pourtant, Halis Kökten n’a pas toujours eu la vie facile en politique.

Il commence sa carrière au MR-FDF en faisant surtout campagne dans le courant religieux turc Milli Görüs (conservateur musulman). Un milieu qu’il connaît bien suite à sa campagne pour les élections musulmanes de 1998 qui le propulse à l’assemblée générale de ce culte. Les élections communales de 2000 réunissent les pouvoirs spirituel et temporel en la personne de Monseigneur Halis, grâce à son élection miraculeuse au Conseil communal. Miraculeuse puisqu’il bénéficiera d’une ascension presque divine de la cinquième à la deuxième place.

Mais sa période de gloire médiatique sera de courte durée. Evincé de justesse de la liste libérale lors des élections fédérales de 2003, il décide de quitter le MR tout en appelant ses partisans à voter Alain Courtois et Belma Tek… deux candidats MR ! Il caresse en réalité secrètement l’espoir de passer à la branche PRL de la fédération MR. Et le temps presse car Kökten, digérant mal le duel Kir-Temiz sur les terres türkbeekistanaises (St Josse-Schaerbeek) en son absence en 2003, veut absolument figurer sur les listes régionales en 2004.

Pourquoi ? Tout simplement, parce qu’Halis offre déjà une candidature clef sur porte : affiches et slogan empaquetés dans la valise. « CNN-St Josse » rapportera même avoir vu plusieurs affiches du candidat Kökten estampillés du logo MR tandis que Monseigneur Halis assenera à qui veut entendre son nouveau slogan : « Chers compatriotes, lors des précédentes élections vous aviez le choix entre le propre (Temiz) et le sale (Kir). Réglons à présent ensemble cette affaire de la racine (Kökten). » Mais le MR garde le silence radio...

Que faire ? Il tente une percée en toquant en douce à la porte du PS. Période de drague progressiste, il ne fait que des compliments envers ses ex-adversaires socialistes tout en dénonçant le « virage à 150° » de son ex-parti de droite. Il accusera finalement un refus des socialistes ten-noodois. C’est la déprime totale, le dégoût au goût amer d’un investissement politique sans relâche.

SPF (sans parti fixe), il multiplie les effets d’annonce pour éviter de sombrer dans un oubli politiquement mortel. Que faire ? Il vient déjà de sonner à la chapelle de droite puis celle de gauche ? La réponse tombera de la rue des Deux Eglises où siège le CDH, un parti en plein shopping ethnique pour forcer son retour au pouvoir. Un parti ni de gauche, ni de droite mais « à l’avant-centre » contemplant les débats libéralo-socialistes pour toujours espérer des ébats amoureux sans abstinence et en coalition… bref CDH qui rime dans sa tête comme « C’est Du Halis ».

Retour gagnant pour Kökten et sa candidature régionale 2004 où il ouvre son QG en plein cœur du quartier turc bruxellois et distribue ses loukoums à volonté. Malgré un score honorable (1.318 voix) par comparaison à d’autres candidats sur sa liste, il ne siègera pas cette fois au Parlement régional. A nouveau le coup de blues, la pilule est difficile à avaler pour celui qui pensait pouvoir « exploser » ses rivaux de même origine ethnique.

Mais sa bouille médiatique accrochera plus d’une fois les titres de la presse ethnique pour visiblement impressionner l’état-major du CDH. Et maintenant ? Halis Kökten vient de décrocher un siège idéal de lobbying au bureau du parti pour tisser sa dentelle turque en prévision des communales de 2006. Il centralisera les candidatures de sa communauté. Avis aux amateurs mais attention, il cherche des personnes fiables qui ne risquent pas de changer de parti après les élections. Pas de jeunes arrivistes comme...

[MK]

Lire en plus :

Entretien avec Halis Kökten (membre du bureau politique du CDH)
http://www.minorites.org/article.php?IDA=8398

19:33 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

10/04/2005

Débats québécois

Pour info (d'autres en préparation) :

Tribunaux d’arbitrage islamiques au Canada http://www.minorites.org/article.php?IDA=7910

Parti xénophobe ? Purement impensable sur la scène québécoise http://www.minorites.org/article.php?IDA=7913

Chroniques quotidiennes sur la semaine québécoise contre le racisme
http://mrax.be/rubrique.php3?id_rubrique=32
Mouvement belge contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie (MRAX)

et sur le site québécois de la semaine d'actions contre le racisme
http://www.inforacisme.com/fr/rdvjeunes05.php#TEXT6

bonne lecture...

02:39 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/04/2005

“Tout le monde peut dire n’importe quoi”

Mustafa Öztürk, conseiller communal MR à Schaerbeek, vient de publier Le Pouvoir du Lobbie. Les Massacres Perpétrés Par les Arméniens En Asie Mineure, Chypre Et En Azerbaidjan (titre original). Une collection… de fautes d’orthographes - qui commencent dès le titre - et de « documents d’archives » fournis par l’ambassade d’Azerbaïdjan, la Fondation de l’implantation et du développement de centres de documentation et de recherches scientifiques d’Istanbul et … Daniel Ducarme. L’ancien président du parti libéral francophone, cité au moins à 3 reprises, a été visiblement l’une des sources d’inspiration du conseiller schaerbeekois. Un conseiller qui aurait été certainement plus utile en s’intéressant aux fautes d’orthographes des écoliers schaerbeekois plutôt que d’aborder par écrit (et quel écrit!) le génocide arménien.

Quel génocide ? Celui perpétré par les Arméniens sur les Turcs bien entendu. Vous n’avez pas encore lu cet ouvrage « objectif » ? C’est en tout cas la thèse de l’auteur qui signe « Conseiller Communal » dans sa propre préface. La couverture bleue à l’image de son parti, son livre (édité à 1.000 exemplaires) compte 159 pages mais seulement une vingtaine de pages effectivement rédigées… le restant étant un recueil d’annexes… pardon, d’archives « authentiques » traduites en français. Öztürk cite toutes ses sources et offre des listes lugubres sous forme de tableaux avec : nom des victimes turques, des assassins arméniens, des armes utilisées, du lieu du crime, des noms des témoins et le nom du chef de bande. Sa comptabilité ne relève pas moins que 518.105 Turcs tués sauvagement par les Arméniens contre 200 à 300.000 Arméniens… morts en déportation non tués par les Turcs qui d’ailleurs ne voulaient que se protéger.

Après ce chapitre, bref survol sur Les Evénements de Chypre dont un « arrêt de la Cour d’appel d’Athènes » à mourir de rire. « Dans son Arrêt No. 2658/79, du 21 mars 1979, elle a statué que : ‘l’intervention militaire turque à Chypre, qui fut exécutée en vertu des Accords de Zurich et de Londres, était légitime. La Turquie, en sa qualité d’Etat « Garant », avait le droit de remplir ses obligations. Les vrais coupables… sont les officiers grecs qui ont préparé et exécuté un coup, créant ainsi les conditions pour cette intervention. » A lire également le « Très Brèf Résumé Historique De Quelques Extraits Du Livre ‘Karabag’ » à propos de la situation en Azerbaïdjan.

Mustafa Öztürk n’a fait imprimer que 1.000 exemplaires du Pouvoir Du Lobbie en se promettant d’envoyer quelques exemplaires au siège du parti libéral. « Je suis prêt à les dédicacer s’il le faut », conclut-il. Que faire si chaque membre libéral exige sa copie dédicacée ?

[MK]

Entretien avec Mustafa Öztürk (MR)

lire http://www.minorites.org/article.php?IDA=7984

10:46 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

15/02/2005

Origine de Bruxelles

Pour les historiens, l'origine de Bruxelles reste un mystère. Des fouilles archéologiques ont révélé que se sont succédés des villages néolothiques, des villas romaines et des fermes mérovingiennes en bord de Senne. Bruxelles s'est développée au départ du hameau carolingien de Bruocsella, blotti dans la vallée de la Senne.

En 977, il est offert à Charles de France, duc de Basse-Lorraine, qui fait construire un château dans cette zone marécageuse de la vallée. Deux ans plus tard, le duc Charles de France s'y établit. Cette année 979 est considérée par de nombreux historiens comme la date de fondation de Bruxelles, encore dénommée Broekzele (broek=marais, zele=domicile) en ce temps. Au fil des ans, des artisans et commerçants viennent s'établir autour du hameau.

Le domaine est alors repris par les comtes de Louvain. L'un d'entre eux, Lambert II, décide de protéger la ville en l'entourant d'un grand mur d'enceinte. Il faudra près d'un demi-siècle pour construire cette muraille. Dans le même temps, les comtes abandonnent leur ancienne résidence (castrum) et emménagent dans un nouveau château, érigé sur la colline du Koudenberg. Bruxelles est désormais une ville à part entière.

(source : Brusselleir, publication de la ville de Bruxelles)

17:17 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

12/02/2005

Ecole et colles

De plus en plus d’enfants s’inscrivent dans l’enseignement néerlandophone bruxellois. Cette année, les écoles flamandes de Bruxelles ont enregistré une hausse de 3,7 % du taux des inscriptions et la stratégie scolaire des parents allochtones y est certainement pour quelque chose. On apprend en lisant la presse flamande que « 25 ans auparavant, seulement 1 élève sur 10 provenait d’une famille non-néerlandophone alors qu’aujourd’hui la proportion est de 3 sur 10 ». Tant mieux pour les établissements et merci aussi les allochtones. Il est évident que la stratégie scolaire des personnes d’origine étrangère à Bruxelles joue un rôle primordial dans la fréquentation scolaire et par conséquent dans le financement de ces établissements.

De plus en plus de parents allochtones bruxellois mettent leurs enfants dans une école néerlandophone. La logique est assez clair : déjà qu’on est discriminé à l’embauche, mieux vaut au moins garantir un avenir bilingue (FR-NL) à mon enfant pour éviter un handicap. Les enfants apprendront certainement le français en ville étant entendu que Bruxelles est une ville à plus de 85 % francophone. Par ailleurs, il est évident que de nos jours le marché de l’emploi préfère un néerlandophone parlant le français avec accent que l’inverse.

C’est assez symptomatique de la décadence d’un réseau scolaire francophone laissé à l’abandon durant une vingtaine d’années. Car 20 ans auparavant, même les autochones flamands préféraient mettre leurs enfants dans l’enseignement francophone afin de leur garantir un avenir au sein de la bourgeoisie francophile. J’imagine la déception du mauvais calcul aujourd’hui.

Plus le temps passe, plus les instituteurs que je rencontre me disent du mal sur le niveau décadent de l’enseignement. C’est vrai que j’entendais les mêmes discours dans les couloirs alors que je n’étais que sur les bancs en culotte courte mais visiblement ils n’avaient pas vu pire. Bonne nouvelle donc, nous n’étions pas les gros nuls que nous entendions à demi-mot ; mauvaise nouvelle, les gros nuls seraient aujourd’hui sur les bancs. Pas sûr non plus sur ce dernier point.

Le gros problème actuel est la consitution d’écoles « noires » dans les quartiers populaires de la capitale face aux écoles « blanches » des beaux quartiers. L’année passée, on assistait même à une coalition blanche dans le réseau néerlandophone avec des parents qui campaient littéralement devant les portes pour inscrire leurs gosses dans les bonnes écoles. Les places étant limitées, on inscrivait ses gosses comme on achète un DNS sur internet : le principe du premier arrivé, premier servi. L’année dernière, une école néerlandophone pouvait refuser l’inscription d’un enfant allochtone si le taux de non-néerlandophones dans l’école a atteint les 73,2 % du total. Les députés ont réfléchi et ils ont décidé d’inverser le décret en instaurant un seuil de 26,8 % des places réservées aux enfants néerlandophones. La question est maintenant de savoir si l’allochtone est néerlandophone ou francophone… l’idée était de répandre la masse des petits Mohamed (le prénom le plus populaire à Bruxelles) à travers le réseau en évitant les classes « noires ». Visiblement grâce au maintien du système « premier arrivé, premier inscrit », les écoles blanches restent toujours autant blanches tandis que les noires se noircissent davantage.

Difficile de gérer la concurrence entre écoles, réseaux et l’origine ethno-linguistique…

[mehmet]

réaction d'Armand

Commentaires personnels
Cher Mehmet,
Deviendrais-tu raciste? (Boutade, car tu ne comprends pas toujours mon humour!)Tu écris: "Visiblement grâce au maintien du système « premier arrivé, premier inscrit », les écoles blanches restent toujours autant blanches tandis que les noires se noircissent davantage."La seule interprétation possible est que les allochtones ne seraient pas assez motivés et prévoyants (d'après toi) et seraient alors obligés d'inscrire leurs gosses dans des écoles "noires", les autres étant déjà complètes.

L'explication, pour moi, est économique (j'ai constaté que tout est économique): les écoles "blanches" exigent plus d'argent des parents: classes de neige et autres voyages, visites de monuments en province, jeunesses musicales..., ce qui décourage les moins nantis...Je crois que le racisme est un facteur beaucoup moins important que la différence d'éducation et de pouvoir d'achat dans les ségrégations pour l'embauche, le logement, l'accès aux banques... mais ceci est une autre histoire!

Amitiés
P.S. Je me demande ce que Ubu pense quand tu dis "Par ailleurs, il est évident que de nos jours le marché de l’emploi préfère un néerlandophone parlant le français avec accent que l’inverse."

réaction de Joseph S.

Ecoles
Je suis d'accord tant avec Mehmet qu'avec Armand. La question des écoles "blanches" et des écoles "noires" n'est pas qu'une question de racisme. Il y a la question économique, sociale, culturelle qui a, notamment, induit la création des ghettos à Bruxelles. Aujourd'hui, les parents de Schaerbeek et Saint-Josse, principalement d'origine allochtone, mettent leurs enfants dans l'école du coin de la rue qui, en conséquence, cumule les handicaps puisque n'accueillant que les enfants d'un public socio-culturellement défavorisé. Ceci sans tenir compte des origines diverses des intéressés et des primo-arrivants, ce qui aboutit à n'avoir, dans certaines écoles, comme objectif que d'essayer, dans bien que mal, d'inculquer des notions correctes de fraçais à tout le monde.

D'un autre côté, les parents plus favorisés socio-culturellement font, eux, l'effort intellectuel de mettre leurs enfants dans des écoles en dehors de leur quartier et/ou dans des écoles néerlandophones. Cela étant, il ne suffit pas de mettre son enfant dans l'enseignement en néerlandais pour tout régler. Si l'on ne parle que turc et éventuellement français à la maison, l'enfant risque fort de ne pas s'en sortir.

réaction de Mehmet
Je suis d'accord...
avec tous les deux :)) C'est vrai que je n'ai pas eu le temps de parler de l'handicap économique (Armand) et aussi du cas des écoles à forte concentration turcophone à Bruxelles (Joseph S., tiens c'est marrant, je ne savais pas que tu lisais mon blog illustre inconnu :))

J'aurais aussi voulu aborder l'aspect juridique de la question car toutes mesures légales risquent un recours devant la Cour d'Arbritrage (art. 24 de la Const) et la difficulté pour les élus de légiférer en respectant le pacte scolaire. Je voulais aussi mentionner l'image semi-bonne du réseau libre (catholique) et la débilité de certaines dispositions (récitation d'Ave Maria dans une classe à majorité d'élèves de confession musulmane ou les symboles religieux uniques dans la classe) et de l'image semi-catastrophique du réseau officiel (étatique - laïc) avec son manque de moyens et le taux d'absentéisme ou de dépression chez les profs.
Mais désolé, pas beaucoup de temps...

réaction de Ubu
http://ubucasa.skynetblogs.be

Beaucoup de problèmes en une fois ! ;)
Je ne peux parler que de l'enseignement francophone : c'est là que je fonctionne ;)

- Sur la problème des langues : on avait établi, dans le temps, qu'avec l'ancien système d'apprentissage, un élève parlait en moyenne 5 minutes dans toute sa scolarité. Les nouveaux programmes (depuis quelques années) obligent à 20 activités annuelles par compétence communicationnelle (lire, écrire, écouter, parler) . Pourtant on est bien loin du"Tous bilingues en 2001" de Laurette : apparemment, dans ce domaine, on évite les enquêtes. De crainte de voir qui sont les professeurs recrutés ? Par ailleurs, les investissements flamands dans le centre-ville, la part importante de navetteurs de Flandre ont mené à des cours de néerlandais pour les commerçants du centre-ville (on n'a pas évoqué d'initiative dans l'autre sens : n'y en aurait-il pas ?). Seulement, les autres communes bruxelloises sont loin d'être réellement bilingues : ainsi, à ma connaissance, Ixelles n'a aucun élu communal flamand. Il faut donc distinguer un bilinguisme d'usage (peu présent) et un bilinguisme économique (Ah ces annonces réclamant des vendeuses trilingues à mi-temps) : je crains que mes élèves n'aient que fort peu l'occasion d'utiliser leur néerlandais.

- Sur la politique d'inscription : j'ai été sidéré, récemment, par une anecdote. Une collègue désirait inscrire sa fille dans une école de la Ville de Bruxelles (une bonne école !) : elle a dû longuement patienter au téléphone le 10 janvier, pour être certaine d'obtenir cette inscription !!! Le modèle des écoles de quartier n'a pas survécu : les discriminations positives (D+) et la politique élitiste (inscription sur base des résultats du bulletin : c'est illégal mais souvent pratiqué) d'une partie des écoles de la Ville en sont coresponsables, à mon avis. Ainsi, les écoles de ma commune comptent très peu d'élèves des beaux quartiers : tous au centre-ville ! Résultat : aucune mixité sociale et culturelle (plus de 90% d'élèves d'origine allochtone ou immigrée, ce qui dans pas mal de représentations est du pareil au même, y compris chez mes élèves) et les élèves des autres communes viennent dans le cadre du tour des écoles en D+. Les ghettos sociaux sont donc encore renforcés par la politique scolaire (cf Jacquemotte) : quelle proportion de professeurs et d'éducateurs allochtones en D+ ? A tel point que certains d'entre eux entendent : "Entre Marocains, on ne se fait pas ça !" Réponse heureuse de l'éducateur ainsi interpellé : "Ici, je ne suis pas Marocain, je suis éducateur" N'empêche, le signal global n'est pas très bien perçu par les élèves : ils ont l'impression d'être délaissés et de ne rien valoir. Impression ressentie aussi par moi : lors de séances de formation du réseau de la CF, on avait constitué deux groupes, celui des D+ et celui des "autres" (les normales ?)

- Les frais complémentaires (je rappelle qu'ils ne peuvent constituer une obligation légale) : dans certaines bonnes écoles, certaines activités complémentaires payantes et obligatoirs sont organisées. Ainsi, une fameuse école près du Palais de Justice organise des cours particuliers, des ateliers donnés par ses profs et obligatoires : la plupart des parents acceptent ce système. A contrario, lorsqu'une initiative comme le tutorat ULB (les tuteurs n'étant pas toujours compétents, la demande s'estompe en cours d'année !) ou une école de devoirs est lancée dans une école comme la nôtre (avec participation symbolique : 10 euros pour deux mois, environ), elle connaît un grand succès, durable dans le second cas. A tel point que la commune a décidé de renforcer ses subventions dans notre école, pourtant de la CF.

En conclusion (provisoire mais j'ai déjà été un peu longuet, non?), je pense que le phénomène que tu analyses, cher Mehmet, est significatif à plus d'un titre : des représentations caricaturent une réalité très complexe. Mais cette réalité n'est peut-être pas différente de celle des écoles wallonnes : elle est seulement plus pointue à Bruxelles à cause du problème linguistique belge (j'ai travaillé dans une commune à facilités pour les néerlandophones : plusieurs élèves avaient suivi des études primaires en ndls) et des problèmes linguistiques des élèves allochtones (Bruxelles est d'ailleurs la première région à avoir laissé tomber l'appellation de "français langue maternelle"). De plus, la prise de conscience tardive de l'existence de quartiers-ghettos n'est pas sans conséquence : je crains qu'elle n'ait que peu d'impact auprès des gestionnaires de la CF, encore actuellement...

A bientôt ;)

05:08 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

08/02/2005

La taupe à Anvers

Enquête de Raf Sauviller sur « Comment le Vlaams Belang a infiltré la police anversoise ». D’après certaines déclarations anonymes venant du corps policier lui-même, le parti extrémiste entretiendrait un grand réseau bien organisé d’espions et de sabotteurs… On apprend en lisant l'article que depuis longtemps les plus hautes fonctions de la police anversoise entretiennent des relations très étroites avec le parti extrémiste. C'est assez curieux car à chaque passage à Anvers, le policier devient "expert en sécurité" pour un responsable politique et plus fréquemment pour le Vlaams Belang.

A la lecture du document, j'ai fortement eu l'impression d'un règlement de compte entre policiers mais l'article reste intéressant pour se faire une idée des postes convoités et des stratégies d'infiltration politique notamment en créant des "amicales" policières. Encore une bonne raison de ne jamais acheter le pseudo-autocollant obligatoire annuel de la police locale. Dans certains quartiers bruxellois, des habitants allochtones m'ont affirmé à plusieurs reprises que des "agents" sonnaient chez eux en insistant fortement pour l'achat d'un autocollant de soutien. Après renseignement auprès de la zone de police, on m'a dit qu'il faut déposer immédiatement plainte car aucun policier n'est mandaté pour de tels agissements. Mieux vaut le savoir...

plus d'info sur : www.deng.be – février 2005

07:07 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

07/02/2005

Le programme en 7 points des allochtones

Un dossier complet effectué sur les allochtones en Flandre à partir des publics cibles au sein de la population d’origine étrangère (jeunes musulmans, jeunes filles urbaines, mères ayant des enfants, papas d’adolescents, imams et profs de religion, jeunes ayant un haut niveau d’études, travailleurs, employeurs, porte-paroles,…) qui arrive à dégager des analyses sur des thèmes comme les normes et valeurs, l’image des allochtones dans les médias et chez les politiques, le sentiment de se sentir chez soi, l’enseignement, l’emploi, la liberté de culte et la participation politique. Les principales populations étudiées sont d’origine turque et marocaine, soit les 2 plus grosses communautés extra-européennes en Flandre.

plus d'info sur : www.mo.be

12:40 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

31/01/2005

Bagdad-Halle-Vilvorde

Le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht (VLD), veut « offrir nos services constitutionnelles » aux Irakiens après le dernier scrutin électoral. « Je plaide pour une nouvelle constitution irakienne où la protection des minorités sera clairement inscrite et dans laquelle la volonté de la majorité ne pourra être imposée unilatéralement à aucune partie de la population », a déclaré le ministre flamand. N’est-ce pas la Flandre qui refuse toujours de ratifier le traité sur la protection des minorités du Conseil de l’Europe ? Veut-il imposer l’obligation de parler le néerlandais aux candidats pour un logement social dans les communes chiites de la périphérie de la capitale sunnite, Bagdad ? Pas sûr que les chiites irakiens aient le même sens de l’humour que les Belges, pourvu qu’ils ne nous lisent pas…

17:12 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

29/01/2005

Les pompiers bruxellois sur le gril

1. Le Soir (22/01 extraits) : Le racisme a-t-il pénétré le corps des pompiers ? Robert Van Poppel est pompier à la retraite et ex-syndicaliste : « J’ai encore à l’esprit, dit-il, l’image de ces quelques membres du personnel applaudissant à l’annonce d’un incendie au Petit Château » [centre d’accueil transitoire pour les réfugiés, apatrides et illégaux].

2. Résistances.be (03/06/2004):
Dans les coulisses des élections du 13 juin 2004

La liste bruxelloise FIRE est un sous-marin du Vlaams Blok
Le 13 juin prochain figurera sur les bulletins de vote des électeurs bruxellois la liste néerlandophone FIRE. Cette dernière a été déposée par des pompiers. En votant pour elle, on vote en réalité indirectement pour le Vlaams Blok. Et on risque ainsi de mettre le feu (politique) à la Région de Bruxelles-capitale. Eclairage.

L’événement est passé assez inaperçu : le Vlaams Blok a signé un accord d’apparentement avec FIRE, une liste électorale néerlandophone proposée par des professionnels du feu. Cette liste de type « corporatiste », menée par l’un des chefs des sapeurs-pompiers bruxellois, Guy Clauwaert, se présente également le 13 juin pour les élections régionales de Bruxelles-capitale. Cet accord pré-éléctoral entre FIRE et le parti néofasciste flamand permettra à ce dernier de récolter au final les voix gagnées par le premier.

Pourquoi ?
La possibilité d’un apparentement pré-électoral entre des listes est l’une des mesures qui résultent des accords de la Saint-Polycarpe de 2001, visant à réduire le risque d’un blocage des institutions bruxelloises (voir aussi notre article Vlaams Blok = Blocage). Si le Vlaams Blok obtient la majorité au sein du groupe néerlandophone, celui-ci pourra entrer légalement dans le futur gouvernement régional bruxellois, un cauchemar que les partis démocratiques ont voulu éviter à tout prix. Pour ce faire, ces partis ont instauré la possibilité d’un apparentement pré-électoral entre les différentes formations qui se présentent aux suffrages. Ainsi, toutes les voix « superflues » seront redistribuées après le résultat du scrutin, en restant cependant au sein du groupe constitué par les partis avant les élections. En théorie, ce système permet de faire perdre un siège au Vlaams Blok au profit des partis démocratiques. Selon les pronostics, c’est le parti écologiste flamand Groen ! (ex-Agalev) qui pourrait, grâce à ce nouveau système, conserver son siège au Parlement bruxellois.


Ironie du système, le Blok fait également appel à cette technique. Comment ? En signant tout simplement un accord avec FIRE. Toutes les voix surnuméraires de FIRE iront directement au Blok, et vice versa. Mais comme il est peu probable que FIRE passe la barre des 5 % (nécessaire désormais pour décrocher un siège de député régional), c’est le Vlaams Blok qui bénéficiera sans aucun doute des voix récoltées par FIRE. Et même si ce dernier réussissait à obtenir un siège, son meneur Guy Clauwaert pourrait, dans un second temps, passer au Blok.En effet, les amitiés entre le Vlaams Blok et FIRE sont un secret de polichinelle. Il faut savoir que c’est le Blok qui a fourni, par l’intermédiaire d’un ses représentants parlementaires, la signature nécessaire au dépôt des listes de FIRE. Ainsi cette liste n’a-t-elle pas eu la tâche trop ardue, contrairement à toutes les « petites formations politiques », pour récolter les milliers de signatures permettant de se présenter aux élections.

FIRE, sous-marin du Blok
Guy Clauwaert, tête de liste de FIRE, a déclaré, lors de la conférence de presse de présentation de son nouveau parti, qu’il prône la fin du cordon sanitaire qui isole politiquement le Blok. FIRE aura comme premier objectif de combattre cet isolement dont le Blok est victime, et donc de lui permette de se banaliser totalement dans le paysage politique. L’autre objectif déclaré de FIRE est de lutter contre la criminalité – thème électoral de prédilection du Blok et autres partis fascisants.La « tête pensante » de FIRE, le même Clauwaert, a été longtemps membre du SLFP, un syndicat libéral autonome implanté dans les services publics (surtout dans les services de police). Il a débuté en politique il y a un an exactement. Candidat aux élections législatives de 2003, il faisait alors partie du Liberaal Appel (LA) de Ward Beysen, une dissidence d’ultra-droite du parti libéral flamand VLD. Le Liberaal Appel préconise aussi, tout comme FIRE aujourd’hui, la fin du cordon sanitaire. Après les élections de 2003, le LA bruxellois a implosé. Guy Clauwaert a alors fondé son propre parti : FIRE. Depuis lors, Clauwaert, sapeur-pompier à Bruxelles, présente sa formation comme un parti de pompiers, bien qu' aucun autre combattant du feu y figure.

Le Blok pense à long terme
Guy Clauwaert pourrait également servir au Blok pour une toute autre raison. La quasi majorité de la section de la commune bruxelloise d’Evere du Vlaams Blok a tourné le dos à celui-ci pour se rallier au Front national (voir notre article : “Bruxelles: le double discours du Vlaams Blok”). Le Vlaams Blok a ainsi perdu deux de ces conseillers communaux à Evere, ainsi qu’un entourage militant actif et dynamique. Or, Clauwaert, originaire de Zaventem, a déménagé il y a quelques mois, pour venir habiter à … Evere ! Les élections communales étant programmées pour 2006, le pompier aura tout le temps pour y mettre sur pied une nouvelle section du Vlaams Blok. Clauwaert n’a pas fini de mettre le feu (politique) à Bruxelles !

Johan GULBENKIAN

(photo Nadia Geerts)

3. Le Soir (29/01 extraits) :

Pour Francis Boileau [porte-parole des pompiers de Bruxelles], les sorties du député [Rachid Madrane, PS] et de l'ancien syndicaliste arrivent "in tempore suspecto". "En pleine négociation pour la promotion d'un chef de corps. Certains manoeuvrent non pas pour donner une image négative des pompiers, mais d'un candidat officier chef de service pour ce que j'appelle de vieilles casseroles qui n'ont abouti à rien judiciairement ni juridiquement. Si des faits de racisme au quotidien avaient été constatés, il y aurait eu des réactions fermes de l'autorité. Faire sortir de vieux ragots gonflés pour en faire des édits racistes, c'est tromper l'homme politique au moment où il doit prendre sa décision."

Selon certains, ce candidat a pourtant bien tenu des propos racistes dans un tract utilisé alors qu'il était candidat (VLD) aux régionales, en 1995 cette fois. L'intéressé reconnaît avoir dit à l'époque que les immigrés ne souhaitant pas s'intégrer n'avaient qu'à rentrer chez eux. Il parle aujourd'hui d'une erreur de jeunesse et se défend formellement d'être raciste. Quand à ceux qui ont récemment rappelé que, lors des dernières élections régionales, figurait la liste Fire apparentée aux Vlaams Belang, Francis Boileau parle de raccourci. "Il ne faut pas tout mélanger. Il s'agissait de trois pompiers pensionnés ou prépensionnés qui sont apparus sur une affiche avec un casque de pompier. La page s'est heureusement vite tournée puisque cette liste a fait chou blanc."

Eléctions régionales 2004
Groupe linguistique néerlandophone

VLD Vivant : 12.443 voix (19,9%) - 4 sièges
SP.a-Spirit : 11.052 voix (17,68%) - 3 sièges
CD&V NVA : 10.482 voix (16,77%) - 3 sièges
GROEN! : 6132 voix (9,81%) - 1 siège
VL.BLOK : 21.297 voix (34,07%) - 6 sièges
VDB : 313 voix (0,5%) - 0
BELG.UNIE-BUB : 511 voix (0,82%) - 0
FIRE : 286 voix (0,46%) - 0

13:06 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

24/01/2005

Crainte de l’immigration francophone

Appel lancé par le bourgmestre flamand d’Overijse (périphérie de Bruxelles) pour constituer une liste unique flamande afin d’enrayer la hausse de l’immigration francophone. Le bourgmestre fait sourire JP Botteldoorn, un conseiller communal flamand réputé modéré à l’égard des francophones. «Pas un seul parti flamand représenté à Overijse n’oserait former une coalition avec les francophones, déclare le conseiller. Ce serait un véritable suicide politique.» Suicide politique, vraiment ? Encore, c'est la version du conseiller modéré.

19:07 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

20/01/2005

Bilinguisme

[note : un texte intéressant que j'ai également voulu partager avec vous en FR]

[traduit du néerlandais]

Pour les Bruxellois allochtones, c’est toujours un défi d’arriver à bout du néerlandais. Une personne d'origine étrangère se sent davantage Belge quand elle maîtrise tranquillement les deux langues nationales parce qu'il se rend bien compte qu'une majorité de ses concitoyens autochtones d’une seule de ces deux langues est puissante. Le chemin vers la connaissance du néerlandais était tout sauf facile ; je devais suivre non-stop des cours dans une langue que je n’entends à l’époque qu’au centre linguistique. Après de longs cours de langue de différents niveaux, j'ai constaté que l'opportunité d’exercer ma connaissance linguistique était presque nulle. Pour arrêter la perte linguistique, après tous ces efforts linguistiques, j'ai décidé d’aller habiter temporairement en Flandre. Après environ deux années à Mechelen, je suis retourné dans "mon" Bruxelles. J’ai toujours été partisan du bi- ou plurilinguisme, de la diversité, et de la multiculturalité ; plus tu parles de langues, plus tu penses large. Le bi- ou plurilinguisme à Bruxelles signifie plus d'ouverture pour la langue, la culture et la communauté de chacun. Comme c'est ma conviction que le bilinguisme dans un Etat bicommunautaire est la clé pour plus de respect et plus de compréhension entre les deux grandes communautés, je crois religieusement en un Bruxelles bilingue et multiculturel.

D’après moi, le bilinguisme des fonctionnaires est un must ; les personnes qui représentent les services publics doivent donner l’exemple d’une ouverture linguistique et de la tolérance intercommunautaire. Je pense que M. Vanhengel [ndlr : ministre régional libéral flamand – VLD] se trompe ; le bilinguisme de service n'est pas un bilinguisme : il est uniquement question de bilinguisme quand on connaît les deux langues ; le bilinguisme de service signifie seulement la présence (minimale) du néerlandais au sein d'un service public. Je suis peut-être plus idéaliste que M.Vanhengel car je pense que certains idéaux sont plus importants que le pouvoir ou les postes ministériels. Je me demande aussi si le VLD, qui veut sacrifier l'affaire flamande (mais aussi sa propre affaire !) pour des raisons matérielles, pourrait signifier quelque chose pour une communauté qui un jour est venue du Nord de l’Afrique jusqu’ici...

Samir Elbidaoui, Molenbeek-Saint-Jean (source : Brussel Deze Week nr 968 – 20-01-2005 - paru dans le courrier des lecteurs)

23:19 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/01/2005

Reportage sur la tentacule européenne de Galatasaray SK

L’espace de 24 heures vivez la passion du sport, le sacrifice trop fort, les insultes en or couplés au débat politique sans remords en compagnie des ultrAslans.

Le football, l’intégration et l’engagement fanatique

Jour J-1 : 14-01-05
Il est minuit trente à la veille d’un match amical qui opposera le 15 janvier 2005 l’équipe allemande de Schalke04 et les Turcs de Galatasaray Istanbul en guise de gala pour leurs anniversaires respectifs (70 et 100 ans d’existence). L’ambiance chauffe déjà au local de la filiale belge ‘ultrAslan-Belgique’ situé dans la commune bruxelloise de Molenbeek-Saint-Jean. En effet, une trentaine de supporters fanatiques de Galatasaray agencent tabourets et tables pour accueillir pour la première fois les gros bonnets (A.Sinan Tüzün et Alpaslan Dikmen) de la nouvelle structure des supporters européens de l’équipe jaune et rouge « Avrupa Genç Galatasaraylilar Dernegi » (cf. plus bas). On se croirait à une conférence de presse sauf que l’attente interminable fait basculer la salle dans une ambiance de concours de chants des pires insultes contre le grand rival sportif d’Istanbul Fenerbahçe : « Tapettes de Canaries (ndlr : mascotte de l’équipe adverse), comment Barcelone a bien entubé votre mère ! », « Nous allons faire écrire au chien de Fenerbahçe que nous sommes les champions »,… Un visage inconnu entre dans la salle, soudain on entend un nouveau chant qui fera office de test amusant : « Saute ! Saute ! Celui qui ne saute pas est Fenerli ! » Le nouveau hésite un court instant puis se met rapidement à sautiller en compagnie de l’orchestre des chaises musicales. Le cortège continue à la manière des chants d’étudiants : « Etranger, offre-nous une bière, offre-nous, offre-nous… » mais l’étranger prendra sa place en reprenant à son compte une réplique en vogue du dernier film culte G.O.R.A. du comique populaire Cem Yilmaz : « Qui es-tu toi ? Qui ? Sors d’ici, sors ! » Le tout naturellement sur le ton de rigolade pour le plus grand bonheur de la salle.

lire la suite sur minorites.org

09:36 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

17/01/2005

Le Prince Harry n'est pas que Nazi

[note : je rediffuse cette excellente réflexion sur le post-colonialisme et les limites de l'étonnement public] :

On s'est scandalisé à juste titre sur le déguisement ignoble de nazi du Prince Harry en Grande Bretagne, mais on a oublié de se scandaliser sur le thème raciste de la soirée déguisée à laquelle il assistait. En Occident, le colonialisme assassin est encore fashionable...

Grand émoi en Grande Bretagne : le prince Harry s'est pointé à une fête costumée avec un accoutrement de nazi - y compris le brassard avec la croix gammée C'est scandaleux.

Mais il y a un autre scandale : le thème de la soirée était "Native and Colonial" - c'est à dire "Indigène et Colon". Les photos nous montrent donc des petits crétins blancs déguisés en civilisateur avec schlague et casque colonial, des gros cons déguisés en nègres sauvages, avec visage noirci au bouchon, grosses lèvres peintes et os dans le nez. A un moment ceux qui étaient déguisés en nègres ont fait une "monkey dance" (dance des singes), braillant des onomatopées et mimant la sodomie collective - c'est bien connu, les indigènes négros sont des singes qui parlent une langue primitive et qui s'enculent entre eux... Tout le monde était mort de rire. Il n'y avait aucune personne de couleur dans l'assemblée, on était entre gens de bonne société. En Angleterre, à juste titre, le consistoire israélite a demandé à Harry d'aller visiter Auschwitz à l'occasion du 60è anniversaire de la libération du camp. C'est une très bonne idée... Mais moi j'aimerais bien qu'on se scandalise également sur les organisateur de la fête à laquelle Harry était invité, qu'on oblige les jeunes qui ont trouvé drôle de se déguiser en "indigènes" et en tortionnaires coloniaux à aller visiter... à aller visiter quoi ?

Y a-t-il quelque part un mémorial du colonialisme ? Existe-t-il quelque part un Yad Vashem pour les millions de mort de cette entreprise d'expansion occidentale ? Existe-t-il quelque part un travail pédagogique permettant aux jeunes blancs occidentaux de comprendre l'impact de cette histoire sur le mental des anciens colonisés ? Non, cela n'existe pas. On a débaptisé la Place Adolf Hitler à Strasbourg, mais on a gardé la statue d'Olry sur la place centrale de Nouméa, celui qui préconisait "l'extermination de la race indigène en organisant des battues, comme pour les loups". C'est pour cela que personne n'a trouvé scandaleux le thème de cette soirée, c'est pour cela qu'on s'est focalisé sur l'ignoble brassard de Harry et qu'on a pas vu l'ignoble caricature raciste qui sous-tendait toute la soirée.

Il y a encore du boulot de pédagogie à faire...

Grégoire
(source : http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=31154)

03:26 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (23) |  Facebook |

15/01/2005

Mosquée chrétienne flamande

A la suite de l’assassinat du cinéaste Théo Van Gogh chez nos voisins Néerlandais, les mosquées et associations culturelles turques avaient lancé un appel aux autochtones pour les inviter à rejoindre leurs organes de gestion (conseils d’administration). L’idée assez originale visait à décrisper le « Belge-moyen » de ses fantasmes terroristes afin de venir gérer du concret avec l’ « allochtone-moyen » et sa mosquée.

Bingo, le mouvement ouvrier chrétien (ACW) annonce dans De Standaard sa motivation et appelle ses membres et volontaires à siéger dans ces conseils d’administration des mosquées turques. Par ailleurs, les mosquées ont décidé de publier sur le net la traduction flamande de leurs prêches du vendredi. Bon, visiblement l’appel est un échec étant donné que seuls sept individus se sont portés volontaires - dont une conseillère communale libérale anversoise Marleen Van Ouytsel (VLD) – mais néanmoins intéressante. A quand la même démarche de la part des autres cultes ou croyances ?

02:33 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

07/01/2005

Déception progressiste

Une excellente analyse de la journaliste Liesbeth Van Impe dans De Morgen (31-12) sur le balbutiement de la gauche belge face à une droite qui se rassemble de plus en plus autour de l’ordre, des normes et des valeurs. Tout naturellement, le combat contre le Blog-Belang domine les préoccupations. Et si tout a déjà été essayé contre l'ascension de l'extrême droite, le « quoi maintenant ? » devient presque une question piège. Mais pour s'attaquer au fond du sujet, la journaliste nous invite à ne pas parler pour une fois de Dewinter et de ses troupes car le malaise doctrinal est plus profond.

Retour en 1999, la chute de Dehaene et donc du pilier chrétien a permis de rêver sur les possibles réformes d’une nouvelle majorité laïque : la loi sur les drogues, l’euthanasie, le mariage homosexuel. Pour la première fois depuis 50 ans, une majorité libérale (dans le sens américain du terme) se dégageait pour réformer la Belgique également sur des sujets éthiques. Mais tandis qu'on pouvait lire sur les visages conservateurs l'horreur d'une éventuelle politique permissive de la coalition arc-en-ciel, le résultat est plus que contestable. Une loi sur la consommation des drogues douces tellement alambiquée que même la Cour d'arbitrage s'en est mêlée, une loi sur l'euthanasie toujours pas efficace pour ceux qui voudraient en faire usage et une loi sur le mariage homosexuel qui refuse l'adoption. Et au fil du temps, les avis ont même évolué au sein de ces partis "laïcs" vers un regain de conservatisme. Ainsi, la nouvelle secrétaire d'Etat à la famille, Gisèle Mandaila (FDF) qui lors de sa première prise de parole précise qu'elle n'est pas contente des conclusions des Etats généraux sur la famille et veut recentrer le débat sur la "famille traditionnelle". Les choses sont également moins évident au sein des libéraux flamands. Certes, le turbulent sénateur Jean-Marie Dedecker peut facilement se qualifier de progressiste sur le plan ethique mais ce n'est certainement pas avec son soutien au droit d'adoption pour les holebis qu'il a réussi à recueillir près de 40 % des voix lors des présidentielles de son parti. La réponse classique des politiques est de dire que les gens ne sont pas prêts pour ce genre de pas. Etes-vous d'accord avec cet argument ?

18:16 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

06/01/2005

Les CV anonymes et les bières connues

Christian Dupont (PS), ministre fédéral de la Fonction publique et de l'Egalité des chances, veut aujourd'hui élargir l'anonymisation des CV pour l'engagement des contractuels. Jusqu'ici, les services publics n'étaient pas obligés de passer par le Selor (bureau de sélection des autorités fédérales) pour recruter les candidats contractuels. Un nouvel arrêté royal adopté le 3 décembre en Conseil des ministres les y contraint désormais. Le ministre Dupont travaille à la mise en place d'un service de «e-recruiting» qui devrait être lancé officiellement le 1er février 2005. Ce nouveau système informatisé permettra aux contractuels qui postulent à la fonction publique fédérale de remplir un curriculum vitae (CV) standardisé directement accessible sur le site Selor.be.

La députée chrétienne-démocrate flamande Nahima Lanjri (CD&V) réagit dans le magazine Knack (5/1) avec étonnement en précisant que « le secteur public donne le mauvais exemple ». Elle est déjà surprise que le recrutement de fonctionnaires ne se fasse pas depuis longtemps de manière anonyme. « Dans la même recherche, il est apparu que les questions de culture générale constituent la pierre d’achoppement de l’examen. Pour un allochtone qui ne boit pas d’alcool, il n’est par exemple pas évident de citer dix sortes de bières. Il devrait y avoir plus de questions qui concernent la profession. »

Je trouve assez marrant l’exemple des bières mais ne comprend pas le rapprochement avec l’état d’un allochtone. Car pour un blanc qui ne boit pas d’alcool, il n’est toujours pas évident de citer dix sortes de bières. Tiens à propos, en tant qu’allochtone qui consomme de manière modérée, j’essaye maintenant sans tricher : jupiler, maes, hoegaarden, kriek, stella, chimay, rodenbach, pink killer (delirium), heineken, leffe. Cool, j’ai réussi l’examen ! Bon, maintenant il faut que je fasse passer la pilule sur le prénom exotique, on verra ensuite pour l’aptitude à la fonction.

16:27 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

05/01/2005

On demande Buttiglione au Koweit

Je viens à peine de lire l’info sur la démission du ministre de l’Information au Koweit, Mohammed Abu al Hassan, pour avoir autorisé des « concerts immoraux » en plein émirat pro-américain. En réalité, c’est surtout parce que le ministre n’a pas interdit la « Star Academy » que des parlementaires conservateurs islamiques ont forcé Abu al Hassan à s’expliquer devant une commission parlementaire, après en avoir fait une question politique durant la dernière campagne électorale. Celui-ci a préféré démissionner avant de passer l’audition face aux députés. Bon pour compliquer les choses, Mohammed Abu al Hassan était le seul chiite sur les 18 membres du gouvernement koweitien et qu’il était apprécié par un éditorialiste arabe conservateur et pro-américain comme étant « l’un des plus conservateurs ministres koweitiens de l’Information »… vous y comprenez quelque chose ?

On a également connu récemment le combat des valeurs chez nous avec l’affaire Buttiglione. L’ex-commissaire désigné italien, Rocco Buttiglione (redevenu ministre des Affaires européennes dans le gouvernement Berlusconi), avait justement été forcé d’oublier ses rêves lors de son passage en commission du Parlement européen. Les eurodéputés le jugeant trop rétrogrades suite à ses commentaires polémiques sur les homosexuels et le rôle de la femme. Ami personnel du chef d’Etat à vie de la cité du Vatican, Karol Wojtyla (alias Jean-Paul 2), et conservateur multilingue, Buttiglione a bien tenté de s’en sortir en citant le philosophe allemand Immanuel Kant mais rien n’y fit. Le Président de la Commission, José Manuel Barroso, a finalement dû le remplacer par Franco Frattini pour calmer les eurodéputés. On devrait envoyer Buttiglione comme ambassadeur de l’UE au Koweit afin qu’il puisse noyer son chagrin auprès de ses fans. Lot de consolation pour le perdant, le Koweit n’a toujours pas accordé le droit de vote et d’éligibilité aux femmes… une gent dont le rôle se limite aux tâches domestiques dans la doctrine buttiglionaise.

06:24 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook |

04/01/2005

La belle gicle ?

Très bonne idée du Soir du 3 janvier de publier la réaction de 175 témoins sur les 175 ans de la Belgique. On apprend déjà la fonction de certaines personnes ex : Tatiana Silva Braga Tavares – Miss Belgique, Philippe Moureaux – Sénateur, Louis Tobback – Bourgmestre de Louvain, Hervé Hasquin – Député fédéral, Béa Diallo – Boxeur, député régional, Denis Ducarme – Député fédéral… et l’évolution de la fonction pour d’autres : Mohamed Boulif est passé au fil des années de « président de l’Exécutif des musulmans de Belgique » à tout simplement « Exécutif des musulmans » en passant par « chef des musulmans » quelques jours auparavant dans le même quotidien.

Intéressant de lire aussi les réponses de

- Jean-Marie Dedecker (VLD) : « La Belgique va lentement s’évanouir parce que la césure entre le nord et le sud est de plus en plus grande, que les gens n’auront finalement plus rien en commun. Je rêve que cette transformation se fasse en paix »
- François Perrin (Ministre d’Etat libéral) : « Que la négociation l’emporte sur la guerre civile »
- Steve Stevaert (Président du SP.A) : « Limbourgeois, je suis un Belge d’origine récente : le Limbourg a été rattaché au pays avec sept ans de retard… Flamand convaincu, européen de cœur, je veux que la Belgique subsiste au cœur de l’Europe. Nous progresserons dans la régionalisation mais nous continuerons à collaborer. »
- Louis Tobback (SP.A) : « (…) A terme, je pense que la Belgique, comme la France, finira par s’évanouir dans l’Europe »

Aux armes citoyens ? Cela fait peur de lire que la transformation paisible n’est qu’un rêve ou qu’un souhait. Peu de flamands qui affirment être contents de la Belgique. Belge est même devenu synonyme de francophone ou wallon au point où le patron d’EVS Laurent Minguet suggère la séparation entre deux Etats : la Flandre et … la Belgique.

Le plus drôle reste à nouveau le cinéaste Jan Bucquoy : « Sa double culture est unique. Et la Belgique est parfois très pratique. Quand vous êtes grillé d’un côté – et je sais ce que c’est – vous pouvez toujours aller travailler de l’autre »

17:12 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |