30/11/2003

La sénatrice Amina Derbaki quitte le FDF

C’est dans la quasi indifférence médiatique que la députée bruxelloise, sénatrice communautaire et conseillère communale, Amina Sbaï Derbaki, a claqué la porte de son parti (Front Démocratique des Francophones - FDF) en début de semaine. La sénatrice, injoignable au moment de la rédaction, n’aurait visiblement pas digéré d’être reléguée à la 66e place sur la liste MR  pour les régionales de juin 2004.

Recadrons un peu le débat: les partis politiques brodent actuellement des dentelles... pardon des listes, pour les élections régionales et européennes. Au sein du Mouvement réformateur (MR), plusieurs composantes tentent de placer leurs candidats en respectant le quota historique Gol-Spaak du ‘fifty-fifty’ (36 candidats PRL et 36 candidats FDF). Le casse-tête se complique pour les dirigeants MR lorsqu’il faut encore compter avec le probable arrimage de Dominique Harmel ou Benoît Veldekens du CDF (Chrétiens Démocrates Francophones  2e schisme réactionnaire de l’ex-Parti Social Chrétien), sans parler des MCCistes de Gerard Deprez (Mouvement des Citoyens pour le Changement  1e schisme centriste de l’ex-PSC, actuel ... Centre Démocrate Humaniste) qui ne sont pas encore entrés dans le débat.  Vous n’y comprenez plus rien? On reprend: le MR regroupe plusieurs partis politiques (PRL, FDF, MCC et PFF). Les deux grosses pointures du CDF, fraîche scission de l’ex-PSC, veulent rejoindre le MR et négocient leurs tickets au Parlement bruxellois. Etant donné que les accords de Lambermont ont gonflé le nombre de sièges au Conseil régional bruxellois (72 députés francophones et 17 flamands contre 75 députés au total actuellement), les partis politiques peuvent établir des listes de 72 candidats effectifs et une liste de suppléants (fraîchement rétablie aussi!).  On comprend donc qu’avec tous ces éléments, il faut avoir du ‘coeur à l’ouvrage’ (slogan du MR) pour s’attaquer au bouclage des listes sans heurter les ambitions personnelles. 

Concurrence allochtone
Et Amina Derbaki dans tout cela? En tant que députée sortante, elle espérait une place éligible sur la liste mais la concurrence allochtone a également joué en sa défaveur. Pour Olivier Maingain, Président du FDF, la sénatrice n’a tout simplement pas accepté sa position sur la liste. “Le 18 novembre, un classement a été établi où elle se trouvait en fin de liste. C’est une place où on met généralement des personnes qui peuvent être élues sur base de leur notoriété. Elle pouvait justement apporter la preuve de ses compétences à l’aide de voix de préférence. Je ne l’ai pas vu protester au moment du conseil général du parti et la liste a été approuvée dès le 1e tour avec 64 % des voix, ce qui est une première historique. Vous savez, d’autres parlementaires doivent également apporter la preuve de leur popularité à l’aide des voix de préférence. De plus, elle n’a probablement pas pu accepter la présence de Souad Razzouk à la 8e place effective.  Celle-ci a fait un très bon score lors des dernières législatives avec plus de 3.500 voix, elle représente un potentiel électoral important à Molenbeek et elle est représentative d’une population” précise M. Maingain. 

Justement, contactez par nos soins, la future parlementaire Souad Razzouk regrette le départ d’Amina Derbaki. “C’est dommage car elle aurait quand même pu défendre sa place. J’ai appris sa démission comme tout le monde mais je n’ai pas de commentaires spécifiques à communiquer. Je ne comprends pas sa décision car la liste a été votée démocratiquement par l’ensemble des militants FDF, c’est-à-dire environ 250 personnes.  Je suis bien entendu très contente de ma place!” 

Précisons que ce n’est pas la première fois que le FDF frustre certains élus dans leurs ambitions politiques. Il y avait tout d’abord le transfert raté du conseiller Schaerbeekois (Khalil Zeguendi) qui fut exclu du parti en 1997 car soupçonné de vouloir rejoindre le PRL (1).  Puis, le cas du conseiller Saint-Josse-ten-noodois (Halis Kökten) évincé de la liste lors des dernières élections législatives suite à l’arrêt de la Cour d’arbitrage qui exigeait une refonte des listes (2). Kökten analyse très clairement la récente démission d’Amina Derbaki. “ Je la connaissais bien grâce aux congrès de parti. On a suivi quelques projets en commun dans le cadre de Francophones sans frontières (3). Elle représentait la femme moderne, une image de l’émancipation de la femme musulmane dans notre société. Mais la politique, c’est aussi une question de rivalités et peut-être qu’elle a fait l’erreur de ne pas se présenter lors des dernières élections législatives, laissant ainsi le champ à sa concurrente Souad Razzouk. Je trouve qu’elle a raté une occasion de s’imposer au sein de son parti. J’ai entendu dans certains milieux conservateurs marocains qu’elle n’a pas montré grand-chose comme parlementaire. Mais, personnellement, je pense qu’elle a fait un bon travail et que cette histoire est plus une affaire de rivalité féminine maghrébine au sein du FDF.” 

Une analyse que semble partager Olivier Maingain. “ Oui, oui! Elle ne supportait pas qu’une nouvelle candidate, plus proche, plus active et plus représentative soit mieux placée qu’elle sur la liste. Elle prétend que Souad Razzouk est trop musulmane, alors que c’est une femme parfaitement intégrée et belge depuis déjà longtemps”. On précise au président du parti que la dernière information n’est pas correcte puisque la candidate n’a obtenu sa nationalité belge que très récemment, quelques mois même avant les dernières élections (3). “Vous avez raison, elle était française. En tout cas, elle était européenne. Mais concernant les candidats d’origine étrangère, certains pensent qu’il suffit d’être de telle ou telle origine et de se porter candidat pour directement recevoir une place de choix. Non, nous comptons des gens qui peuvent prouver une capacité de représentation et aussi un potentiel électoral, ce qui est légitime pour un parti politique. Nous recherchons les personnes les plus représentatives dans chaque communauté. Pour vous donner un exemple, Sait Köse qui est échevin à Schaerbeek est nettement plus fort qu’un Halis Kökten. C’est clair, Sait Köse fait beaucoup de voix à Schaerbeek alors que Halis Kökten a fait un score négligeable à Saint-Josse. Regardez notre liste, en 8e position Souad Razzouk puis Gisèle Mandaila 19e effective qui a fait un très bon score et Sait Köse en 23e position, ils sont assurés de siéger. Et justement Amina Derbaki aurait pu tenter d’être la quatrième élue avec ses voix de préférence ”.

L’échevin Schaerbeekois d’origine turque, Sait Köse, précise aussi que la politique est un jeu de rivalités avec tout le monde. “Oui, je voyais Amina Derbaki lors des congrès de parti mais sans plus. J’ai entendu qu’elle a quitté pour des raisons purement personnelles.”  Interrogé ensuite sur l’avenir politique de la sénatrice, Sait Köse ajoute: “ Vous savez, les transfuges ne sont pas bien vus par la population. Et le cas de Michel De Herde (ndlr: échevin ayant récemment démissionné du FDF) le montre assez bien car le FDF est sorti renforcé de cette histoire. Ca ne m’intéresse pas d’intervenir dans un tel débat, je préfère m’occuper de mes fonctions. Après les finances, je dois maintenant m’occuper de la jeunesse et des crèches, donc j’ai pas mal de boulot ”.

“Une forte dose d’orgueil mal placé”        
Suite à l’approbation de la liste, Amina Derbaki fait comprendre à son président de parti qu’elle va quitter le parti. “Je l’ai invitée à me rencontrer via mon secrétariat mais elle m’a répondu par écrit qu’elle ne désirait pas me voir, explique Olivier Maingain. Puis, j’ai essayé d’organiser une rencontre en compagnie de François Roelants et Caroline Persoons mais elle a également refusé. Ensuite, elle m’envoie une lettre de démission sans explication. Elle m’écrit: ‘je vous prie de noter qu’à dater de ce jour je ne siègerai plus en tant que FDF au Parlement de la Communauté française’. Au début, j’étais étonné du refus de dialogue. Il y avait pour moi, une forte dose d’orgueil mal placée!”  

Apprenant cette nouvelle démission, Olivier Maingain envoie un informaticien au Parlement pour “bloquer l’accès à certains fichiers et d’autres informations propres au parti”.  Amina Derbaki déclare alors à la presse que son ex-président aurait “débarqué comme un fou!” Elle précise: “Il a commencé à débrancher les fils de l'ordinateur de la secrétaire des membres FDF du parlement à la communauté française. Chose qu'il n'a absolument pas le droit de faire. Les MP's [policiers militaires] l'ont alors enfermé dans le bureau car il voulait partir avec le disque dur de l'ordinateur. C'est d'ailleurs grâce à eux que l'on a pu veiller à la dignité de notre fonction.(...) Il m'a également violemment tiré par le bras, poursuit Amina Derbaki Sbaï. C'est à ce moment que le MP est intervenu. Et lui a précisé qu'il ne pourrait partir avec le PC que si je pouvais récupérer mes dossiers personnels.” (5) 

“Mais je précise que ces ordinateurs sont la propriété du parti!, nous répond Olivier Maingain. Elle voulait me faire expulser par le MP du Parlement. Finalement, il m’a enfermé pour quelques temps dans le local d’à côté et il a appelé des renforts. Ensuite, il m’a rappelé et j’ai proposé de transférer ses données sur une disquette pour vider la mémoire de l’ordinateur. Elle refusait car elle cragnait une quelconque manipulation. C’est vraiment incroyable. Je crois sérieusement qu’il y avait une réaction d’orgueil vraiment exagérée. Je n’ai pas compris sa réaction.On traite tous les candidats de manière égale. Regardez, par exemple, Jean-Pierre Van Gorp est également placé en fin de liste et il doit aussi prouver ses voix de préférence. Et puis soyons honnêtes, on a aidé Amina Derbaki à se faire une place en politique mais elle n’a pas saisi l’occasion. De plus son travail parlementaire n’est vraiment pas exceptionnel.”  Interrogé encore sur l’avenir politique de Mme Derbaki, le président du FDF précise que la porte n’est plus ouverte et qu’il a déjà tourné la page. Visiblement au sens figuré comme au sens propre puisque la page de présentation de la sénatrice a déjà été effacé du site internet officiel du parti (6). De la future ex-sénatrice, puisque son mandat fédéral dépend de celui qu'elle assume au parlement de la communauté française, où elle siège en tant que... députée régionale bruxelloise. Vous avez suivi ?           

Notes :
http://users.skynet.be/suffrage-universel/be/derbaki.htm
site officiel de la sénatriceAmina Sbaï Derbaki :
http://www.derbaki.net 
(récemment vidé et en construction)

(1)     LAMBERT (Pierre-Yves), "Les tentatives d'autonomisation politique des allochtones en Belgique", 29 août 2002.
http://users.skynet.be/suffrage-universel/be/0402.htm
(2)     KOKSAL (Mehmet), "L’intégration et la participation des allochotones au MR, c’est maintenant échec et mat !", 17 mars 2003.
http://users.skynet.be/suffrage-universel/be/kokten.htm
(3)     Francophones sans frontières (FSF) est une des associations affiliées au FDF.  FSF est l'association de citoyens d'origine étrangère désireux de participer à l'engagement politique du FDF. Les autres associations sont : Centre d'études Jacques Georgin (C.E.G.), Jeunes FDF (JFDF), Femmes FDF, Aînés francophones, Association pour la promotion des activités culturelles en Communauté française Wallonie-Bruxelles (APAC), Institut Savoir et Action (ISA)
http://fdf.be/article.php3?id_article=47
(4)     KOKSAL (Mehmet) et LAMBERT (Pierre-Yves), “Vous prendrez bien un candidat? Oui, oui, un peu de tout...”, mai 2003.
http://users.skynet.be/suffrage-universel/be/beel03livre.htm
(5)     M.L., La Dernière Heure, 27 novembre 2003.
http://www.dhnet.be/dhjournal/archives_det.phtml?id=299985
(6)     http://fdf.be/article.php3?id_article=85 (ancienne page d’Amina Derbaki sur le site du FDF, accessible en "cache" via google)


16:05 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

26/11/2003

“Il est interdit de tuer, même en temps de guerre!”

Repas multiconfessionnel à Cheratte (18 novembre 2003)

“Il est interdit de tuer, même en temps de guerre!”
En ce mois de Ramadan 1424, le “Centre multiculturel-mosquée Mimar Sinan” nous convie à son traditionnel repas de rupture de jeûne avec au menu une discussion multiconfessionnelle sur le thème: société plurielle: réalité ou utopie?

Comme d’habitude, on est multimotivé pour essayer de relater de façon multiple ce débat où de multitudes d’avis seront entendus.  Un petit verre de multifruit et nous voilà partis pour la soirée...

Rue de Visé, une enseigne blanche avec des lettres rouges indique “Association Multiculturelle”.  Des volets blancs fermés et 2 portes côte à côte décorent la façade. Sur la porte, on peut lire le nom historique ‘Mosquée Mimar Sinan’. “J’ai été le principal artisan de ce changement de nom, explique Sevki Kilic (Président de cette association-mosquée faisant partie de la Diyanet et membre du fameux BTKK, le Conseil de Coordination Belgo-Turc). Même mon père ne venait plus et me boudait lorsque j’avais fait enlevé le nom de mosquée sur la façade. On est finalement arrivé à un compromis en l’indiquant tout de même sur la porte mais plus sur l’enseigne”.  Ce relookage des signes musulmans est apparemment l’obsession de plusieurs habitants wallons qui ressentent plus fortement la montée de l’islamophobie suite aux événements du 11 septembre 2001 (cf. notre article “Blegny et ses minorités” sur la liste SU http://fr.groups.yahoo.com/group/suffrage-universel ). 

Dans un local à l’arrière, un téléviseur grand écran Thomson au centre, un jeu de fléchettes à gauche, une table de babyfoot, des drapeaux belges et turcs masqués par les trophées de football, des cendriers et un bar... tout nous fait penser à un café de quartier.  Sauf qu’aujourd’hui, les tables disposées en U comme pour une formation accueillent les hautes personnalités de la région (bourgmestre, conseillers communaux, leaders religieux).  Le débat est visiblement orchestré par l’étoile montante de la communauté turque de Cheratte, le conseiller socialiste membre de l’opposition, Ernur Colak.  “Pour qu’on puisse parler d’intégration, il faut aussi le respect de la culture de l’autre, précise l’élu local le timbre de la voix légèrement tremblant. Nos différences doivent essayer de nous enrichir et pas de créer des trous.  Je me souviens d’un cinéaste italien qui a remporté de nombreux prix et qui comparait l’être humain à une plante. Sans racines, il ne vit plus.” Un membre éminent de l’Exécutif des Musulmans de Belgique, Ismail Batakli, assiste également à la soirée.  “Je suis à l’origine des invitations de diverses personnalités chrétiennes, laïques et juives pour cette soirée”, explique le mandataire de l’EMB. Le look très sérieux, la prose intellectuelle, M. Batakli fait également partie des Amitiés islamo-chrétiennes, de l’association El Fouad et des familles musulmanes de Belgique/section de Liège.      

Après un bon repas de circonstance, les orateurs prennent tour à tour la parole pour énoncer des lieux communs (“L’éducation est importante...”, “Il faut s’intéresser aux jeunes”, “Nous sommes tous des citoyens...”), enfin presque des lieux communs. L’attaché aux religions de l’ambassade de Turquie lit courageusement un texte en français avec une drôle d’affirmation pour terminer. “Nous condamnons les attentats à Istanbul contre les synagogues (ndlr: le débat se déroulait avant l’attaque contre l’ambassade de Grande-Bretagne). Selon l’islam, il est interdit de tuer, même en temps de guerre.”  Puis un représentant d’origine maghrébine des musulmans de Liège précise que “nous sommes tous des citoyens belges et peu importe finalement les différences religieuses, politiques, philosophiques ou autres.”  A ce moment, on a évidemment une floppée de questions à lui poser sur la catégorie des ‘autres’ mais la circonstance ne permet pas d’intervenir dans le débat.  De l’autre côté de la table, le responsable bleu-blanc-belge de l’action laïque commence mal son discours: “Je n’aime pas le mot communauté car j’ai un profond respect pour la communauté belge. C’est très bien si on respecte les lois et qu’on ne se perd pas dans le concept des communautés. J’aimerais qu’on se sente tous belges et qu’à l’intérieur de cette sphère, on développe nos croyances.”

Tout le monde vient d’un ventre
En pur produit de la région, le psycho-sociologue Altay Manço recadre les discours: “Oui, l’intégration est importante mais on ne peut faire ce travail qu’à partir de ce que nous sommes réellement. Finalement tout le monde vient d’un ventre. C’est très intéressant car on peut voir ici à Cheratte et à Visé, comment les différents groupes tentent de vivre ensemble.”

Une soeur au visage d’ange et au sourire radieux prend la parole pour utiliser une métaphore: “ Il y avait la tour de Babel qui était un peu comme une catastrophe. Finalement, c’est la dispersion qui nous a sauvé. C’est comme la musique, si tout le monde joue la même partition, on s’ennuie et cela s’arrête. Il faut garder nos styles et nos richesses.” 

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Portrait déchiré

“J’exige vos notes!”

D’abord la brave dame commence son discours devant l’assemblée...
“Je suis d’origine turque, je suis carolo et éduquée dans une école catholique. J’en suis très fière d’avoir été dans une école catholique. Je voudrais vous dire qu’il ne faut pas venir ici par politesse. Vous êtes les invités de Dieu, vous pouvez venir quand vous voulez.”

L’appel à la prière commence (Allahou Akbar...) et l’attaché aux religions demande en turc qu’elle patiente jusqu’à la fin de l’appel mais elle continue. “ Je sais mais d’autres me demandent de continuer. Je disais donc qu’il faut faire un pas vers la communauté turque car contrairement à d’autres nous ne sommes pas  une communauté à problème. Nous sommes déçus par rapport aux pouvoirs politiques. Nos enfants sont abandonnés. Nous sommes exclus en terme de visas alors que franchement des gens débarquent et on leur donne directement un droit de séjour. Mais je veux aussi dire à ma communauté: ‘Ou vous apprenez la langue du pays, ou vous retournez chez vous!’ Je suis fière d’être wallonne, carolo et belge aussi”. 

Ensuite, elle entame la conversation avec nous suite à une présentation en tant que journaliste. Mais son fils légèrement fatigué commence déjà à tapoter sur l’épaule de sa maman pour rentrer à la maison. Voyons la volonté de la candidate, on demande si on peut continuer la conversation en français pour faciliter la rédaction. “Aucun problème, vous avez vu que je parle parfaitement le français. Je suis Présidente de l’asbl Aimée dans la région de Charleroi. Depuis plus de 25 ans monsieur, je travaille en tant que traductrice jurée, j’ai fait des études de droit, de fiscalité, de comptabilité, et encore de tas de choses. Je vous jure que je n’ai même pas dormi une demi-heure aujourd’hui avant de venir à cette soirée. Je travaille dans mes dossiers, tout le temps. Depuis longtemps, on m’a demandé d’entrer en politique et c’est vrai que pour pouvoir être utile, il faut vivre des difficultés. Finalement, j’ai décidé de franchir le pas pour le bien des citoyens. Je veux être la représentante des Turcs. C’est quasi certain que je figurerai sur la liste du PS aux régionales. J’ai déjà convaincu Patrick Moriau et Jean-Pierre Declercq (ndlr: député permanent provincial http://www.jpdeclercq.org ). M. Declercq est vraiment un vrai homme politique, pas comme les autres, il m’a écouté. Il m’a dit:‘Vous voulez un local? Voici!’ et a ensuite voulu discuter avec moi. Donc ce n’est plus qu’une question de places. En réalité, je ne me tracasse pas trop car peu importe la place, même dernière suppléante, je suis sûr de siéger.”

“J’adore voir ma maman avec son foulard ”
Mais pourquoi cette motivation? “Parce que je suis honnête et une battante. Je suis musulmane, elhamdulillah, et d’ailleurs j’adore voir ma maman avec son foulard.  Sur le débat du foulard, si ces gens le portent par simple croyance, foutez-leur la paix. Mais si c’est par fanatisme, alors c’est non!”  Mais comment faire la distinction? “Vous le savez très bien, ne faites pas l’ignorant. Je ne peux pas le dire mais vous savez très bien ce que je veux dire.” Le gamin continue d’insister sur l’épaule de sa mère. Il tousse et supplie sa maman d’abréger. Malheureusement pour lui, la brave dame en manque d’affect et de reconnaissance, ne lâche pas si facilement le morceau. Visiblement, elle ressent ce besoin d’affirmation non seulement sociétal mais aussi vis-à-vis de sa communauté d’origine. Elle aimerait bien qu’on dise qu’elle a réussi. La militante entre parfaitement dans le moule de la gamine détestée par ses parents au profit du frère cadet. Ce sentiment développe ensuite une soif de revanche qui dégénère si facilement. “En politique, je ne veux pas que le parti m’utilise pour mes voix et puis un coup de pied au cul. Je ne comprends pas qu’on refuse les subsides à ceux qui en ont le plus besoin et que par ailleurs on les accorde à des sympathisants du PKK. Je ne vais pas vous apprendre que le CPAS de Charleroi est infiltré par le PKK quand même!  Euh, non effacez ce que je viens de dire.”  Suite à notre intransigeance, elle commence à s’énerver sérieusement. Elle s’emporte et profère de graves menaces en pointant le doigt. A ce moment, son mari débarque pour tenter avec le fils de la convaincre de prendre la route. “Tu n’as pas intérêt à ruiner ma carrière en politique! Je te préviens, tu le regretteras! Tu ne m’as même pas demandé la permission de prendre des notes. Je connais le droit, donne-moi tes notes. J’exige vos notes!  Non, mais c’est pas normal. J’ai le droit de voir ce que tu écris. Je sais très bien comment cela fonctionne car quand j’ai été interviewé par la RTBF radio, le journaliste m’a d’abord donné ses questions à l’avance.”

Et la discussion continue sur ce ton jusqu’au moment où elle saute sur nos notes pour ne réussir heureusement qu'à nous arracher le tiers de la page numéro 6. Fin du débat où elle part finalement la crainte sous les épaules. Tant les responsables de l’association que d’autres personnalités nous ont rapidement exprimé leurs soutiens en condamnant fermement cette grossièreté.

Mais au-delà de la simple anecdote, il convient de souligner le jeu malsain des partis politiques qui consiste à donner des espoirs non fondés aux novices sans une profonde préparation aux enjeux de campagne. Notons également la complaisance de certains journalistes (belges ou turcs en l'occurrence) avec les acteurs de terrain qui finalement provoque l’étonnement, la colère ou le mépris lorsque d’autres veulent faire un travail conforme aux principes déontologiques. Souvent, c’est la déception avec claquement de porte mais des fois, comme ici, cela devient maladif pour finalement fragiliser des gens déjà précarisés, discriminés par la société.  Tout est affaire de point de vue. Certains penseront que j’ai ruiné une carrière politique, d’autres que j’ai sauvé une vie familiale.   

M.K.    

retroactes : http://fr.groups.yahoo.com/group/suffrage-universel/message/1820







07:32 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

24/11/2003

Les attentats d’Istanbul expliqués aux scouts

Il est normal que chacun aspire à vivre en citoyen libre et à une vie digne. On est ici avec des amis turcs, marocains et belges afin de crier très fort pour que cela s’arrête”, explique Abdelghani Ben Moussa (responsable du Collectif de sensibilisation à la citoyenneté) à 6 scouts curieux venus lui demander s’il n’avait pas vu une enveloppe.  Sous la fine pluie dominicale, une vingtaine de manifestants ont répondu présents à l’appel à rassemblement devant le théâtre de la Monnaie à Bruxelles pour dire “non à la terreur, oui à la paix entre les peuples et oui pour un monde plus juste et solidaire”. L’un des petits scouts demande si les manifestants représentent une organisation. “Non, précise M. Ben Moussa, nous avons justement voulu lancer un appel citoyen sans tribune, ni porte-parole, ni parti afin que tout le monde puisse venir l’esprit libre. Cela s’est fait spontanément la veille. Avec nos amis turcs, on a vécu ensemble les attentats de Casablanca et aujourd’hui, on vit ensemble les mêmes actes à Istanbul. Les faits sont suffisamment grave pour sortir du simple fait divers. On assiste vraiment à l’extrémisme sans frontières qui frappe aussi les esprits. Mais, il serait grave de s’arrêter à la simple condamnation de forme, il faut dénoncer toutes les injustices. On n’est tout simplement pas crédibles, pas cohérents et pas justes si on s’arrête à la condamnation des formes.” 

Rassemblés autour de 3 drapeaux (belge, marocain et turc) et 2 banderoles pour les slogans déposées à même le sol, les manifestants portant un brassard noir en signe de deuil discutent calmement et informent les passants curieux. Un couple biélorusse interpelle la foule pour connaître le but du rassemblement. “Excusez-moi, je ne comprends pas bien le flamand mais j’aimerais savoir pourquoi vous manifestez?”.  Après avoir précisé que les slogans sont en langue française, l’interprète explique qu’il s’agit d’un rassemblement pour condamner les attentats terroristes à Istanbul.  “ Oui, je comprends, chez nous avec Lukashenko on sait parfaitement ce que veut dire le terrorisme”, réplique le Biélorusse avant de reprendre sa route. 

“Paraît-il que certains n’entendent pas nos condamnations, reprend Abdelghani Ben Moussa. Alors, je le crie encore plus fort: non à l’islamophobie, non à l’antisémitisme et non aux attaques contre les lieux de culte. Même si aujourd’hui nous sommes devant le théâtre de la Monnaie, nous ne jouons pas dans une pièce où l’opinion publique tient le rôle des spectateurs en applaudissant l’un et condamnant l’autre. Ici, il s’agit d’une initiative citoyenne pour réagir face aux attentats. Quelques belges d’origine arabe ont pris l’initiative afin de briser la glace entre les communautés. Ce sont dans les moments de joie et de tristesse qu’on peut briser cette glace. On n’aimerait pas revivre cette triste situation mais on ne voulait pas non plus manquer l’occasion d’exprimer notre soutien aux victimes”.  

Comme prévu, vers 15h00, les manifestants se dispersent en laissant la place aux jeunes scouts toujours à la recherche de la fameuse enveloppe.  Dans ce jeu, un groupe éclaireur dissémine des enveloppes avec quelques indices afin de trouver le secret de l’énigme qui conduira aux récompenses. De la source jaillira le secret des explications.

texte de l'appel à manifester: http://fr.groups.yahoo.com/group/suffrage-universel/messa...


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17/11/2003

Colère et consternation

Comme tout le monde, j'ai assisté à la télévision, impuissant face aux attentats contre les synagogues à Istanbul.  Comme beaucoup, j'ai voulu témoigner de ma colère et de ma consternation face aux malheurs des familles sur place.  Comme certains, j'ai voulu en savoir plus sur les événements, histoire d'expliciter les raisons de ma colère. Comme souvent, les explications paraissaient peu crédibles, invérifiables et dispersés.  Comme allochtone, j'ai pris ma plume pour rédiger un message qui puisse, comme d'autres, avoir un impact sur les personnes intéressées. En espérant, comme d'habitude, qu'elles sortiront de leur coma cybernétique.


Coma : n.m. du grec kôma, sommeil profond.         

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13/11/2003

Ruzie over stemrecht

Voici un texte que j'ai préparé pour mon cours de néerlandais à Heers (Commune du Limbourg). Bon, je sais qu'il est court mais on avait que 2 minutes par interpellation et j'ai vite préparé cela pendant ma pause de midi au boulot pour le faire relire par mon collègue.  Le style est calqué sur un discours politique car on avait cours jusqu'aujourd'hui dans la salle du Conseil communal, mais on vient d'annoncer qu'il faudra changer de salle (dommage). J'ai fait une lecture remarquable (à mon avis) mais il y avait du sabotage dans l'air car la classe à côté chantait "Sinterklas capoentje...", ce qui massacre un speech politique. Au moins, j'ai appris que pour détruire une interpellation politique, je dois chanter cette chanson :)) Voici mon texte :  

 

Argumenten en tegen argumenten in de 21ste eeuw voor een open debat in verband met migranten stemrecht. 

 

Kleine dorp, grote ideën! De deelnemers aan de taal les in de gemeente Heers waren deze week onregust over het nieuwe discussie thema. Het thema van vorige week was toch eenvoudiger : het openbaar vervoer en de toekomst van mobiliteit in België.  Maar deze week, ging de discussie over stemrecht voor migranten.

   

De enige zichtbare allochtoon in de klas, Mehmet, zat op de laatste bank. Hij wilde eerst de verschillende argumenten horen voordat hij zelf een document als antwoord voorbereidde. Omdat hij geinteresseerd is door politiek, schreef hij een politiek getinte speech.  Hier is een overzicht van zijn speech…

 

Mevrouw de voorzitter, beste collega's,

Laat me alvast een paar uitspraken ontleden. 

Ten eerste, en praten we in deze zaal alleen over de gemeenteraadsverkiezingen, men mag stemmen zelfs wanneer men niet beschikt over de Belgische nationaliteit.  Hier spreek ik natuurlijk over de Europese burgers : Italiaans, Spaans of Zweeds maar ook de nieuwkomers in het begin van mei volgend jaar, Pools, Litouws, Slovaaks,…  Dus, voor de volgende Belgische gemeenteraadsverkiezingen, hebben we burgers uit 24 andere landen die in België kunnen stemmen. 

 

Mevrouw de voorzitter, veel vertegenwoordigers vragen zich af waarom de Belgische Staat de eerste stap moet zetten voor migratenstemrecht. En daar komt mijn tweede verbetering. In Europa, hebben de democratische landen zoals Ierland, Zweden, Denemarken, Nederland, Finland, de stad Wenen en het Groot-Hertogdom Luxemburg, de migranten dit recht al volledig gegeven. Bovendien, Groot-Britannië, Portugal en Spanje hebben ook een beperkt recht toegekend. Kortom, in Europa, hebben we nog maar 6 landen die wachten en aarzelen.

 

"Ja, maar er zijn verschillende Islamieten, en we willen geen stem geven aan extremisten", heb ik ook gehoord. Dat klopt, maar er zijn ook verschillende Christenen, mogen we dan het stemrecht ook afnemen van de extremisten onder hen ? Het stemrecht gaat niet over de religieuze overtuiging van mensen maar over de democratische deelnamen van inwoners. 

 

"Starten we dan een referendum en laten we de Belgische bevolking beslissen", zeggen anderen.  Mevrouw de voorzitter, u weet net zoals ik dat een referendum verboden is door onze Grondwet. Bovendien, het enige populaire overleg dat onze Staat heeft gekend is de Koningskwestie in 1950. De resultaten van het overleg waren zo verschillend tussen het katholieke Vlaanderen en het sociaal-liberale Wallonië dat we bijna een burgeroorlog hadden. 

 

De gesprekstijd is beperkt voor mijn partij dus tot besluit, mevrouw de voorzitter, beste collega's, wil ik jullie herinneren aan de eerste regering Martens die in 1979 wel de belofte heeft gedaan om migrantenstemrecht in te voeren. "Als we ze een vinger geven, dan vragen ze onze ganse arm", zeggen de tegenstanders.  Mijn grootvader, een andere Mehmet, heeft een paar armen geofferd aan Belgische bouwbedrijven. Hem een vinger geven, is niet te veel.  Ik dank u voor uw aandacht.

         

 




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12/11/2003

l’élite au sein de l’immigration marocaine

Je reproduis ici (avec l'accord de l'auteur) un texte de l'intellectuel marocain Mohammed Belmaïzi (Bruxelles) qui lance un appel à création d'un Observatoire de bonne conduite.  Souvent très critique sur le rôle des élites d'origine marocaine, Belmaïzi n'hésite jamais à prendre sa plume pour réagir et faire réagir les acteurs sur le sujet. Comme d'hab, vous pouvez également commenter...

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Pour un code de bonne conduite

A l’attention de l’élite au sein de l’immigration marocaine ( ?!)

Préambule

La communauté marocaine de Belgique est déjà à sa quatrième génération. Bientôt un demi siècle d’existence, cette immigration ne cesse de façonner le paysage de notre société sur les plans économique et culturel. En dépit de résidus épars d’hostilité, de racisme, de xénophobie et de marginalisation poussant à la dérive une partie de jeunes et condamnant à l’enfermement identitaire, l’apport vivant et précieux de cette communauté, reste inscrit de plain pied dans les chapitres de l’Histoire de la Belgique. Tôt ou tard – soyons optimistes – une complète et équitable intégration dans une mosaïque interculturelle, verra le jour.

Mais déjà nombre de cadres, issus de l’immigration marocaine, s’occupent dans divers secteurs. On les trouve financiers, avocats, médecins, pharmaciens, informaticiens, administrateurs au sein d’associations d’utilité publique, conseillers communaux ou de cabinets ministériels, journalistes de presse écrite et à l’écran télévisé, artistes, écrivains… et très récemment députés au parlement bruxellois et fédéral. Autant dire que la dynamique vers une authentique citoyenneté est tant bien que mal, en bonne voie. Ce qu’on appelle la « représentativité ethnique » est déjà bien là. Elle ne peut être que citoyenne.

La capacité d’intégration est bien une réalité au sein de ce qu’on a qualifié de « sociétés d’accueil ». Nul doute que les efforts d’ouverture de l’Etat de Droit à ses minorités, valent le détour, même si quelques aspects de l’intégration politique de notre communauté, restent problématiques et non examinés comme il se doit. Beaucoup de choses ont été dites à ce sujet. Et l’on sait que les joyeuses béances des partis politiques à la communauté marocaine ne vont pas sans arrière pensée de puiser dans le réservoir électoral de cette dernière. Ce qui n’est pas un mal en soi, mais nous manquons d’analyse systématique de ce phénomène, pour séparer le bon grain de l’ivraie, apprécier ce qui relève de la sincérité et de la manipulation, de la compétence de la personne cooptée, de son total asservissement, de ses mesquins calculs personnels... ? etc.

 

L’intrigue

Si la visibilité de cette communauté est un acquis sans précédent, non seulement elle expose la nouvelle élite au regard prompt à la vindicte ou à l’interrogation – (on l’a vécu derrière le cas de Anissa Temsamani, celui de la démission renversante d’Ecolo de Fatiha Saïdi, et à travers d’autres cas) – mais elle la met également en garde contre tout écart, dérapage ou abus de pouvoir venant de sa part pour nuire à la société civile, notamment à la communauté immigrée. Nul droit à l’erreur, à la glissade inconsciente ou sensationnelle.

Car en effet, ce qui n’a pas été dit et analysé, est ce nouveau phénomène vu – intuitivement et subjectivement ici, à travers des observations personnelles mais preuves à l’appui – de l’intérieur de la communauté marocaine. Il s’agit de cette élite politique, récemment surgie avec tout un cortège de pratiques, le moins que l’on puisse dire, un peu dévoyées. C’est un truisme que de voir des personnes, durant leur campagne électorale, pérenniser la tradition féodale, encore maintenue dans leur pays d’origine, de soudoyer, d’une manière un peu plus moderne, la population, pour leurs fins personnelles. Indécemment, certaines personnes font croire à la communauté, sans sourciller, qu’ils iront défendre résolument ses intérêts les plus pressants. Mais une fois élues, leur discours vire du communautaire à la dimension citoyenne. Désormais, elles sont députées pour tous les belges et non pour une population déterminée, ce qui est bien entendu à leur honneur… sauf qu’à la base, mensonge il y a, et fibre tribale ou communautaire habilement vibrée !

Le cynisme qui se pointe ensuite est celui des cautions, comme un chèque en blanc, pour inciter la communauté à voter pour l’une ou l’autre des personnes. Le pire est que ces cautionnements viennent de gens issus eux-mêmes de l’immigration et qui ont pignon sur rue dans le domaine de la recherche universitaire. Et dans ce cas la caution de « l’intellectuel » fait illico figure d’appui quasi scientifique, alors qu’il ne s’agit que d’une démarche politicienne et d’un vulgaire « donnant/donnant ». Une sorte d’alliance tribale contre nature qui ne va pas sans corrompre les attitudes et les bonnes relations, en ruinant ainsi notre attachement à la démocratie et à la citoyenneté au sein du tissu associatif et militant…

Le cynisme et l’opportunisme résident également dans l’interpénétration douteuse que certaines personnes élues opèrent entre le politique et l’associatif. Elles ont cru devoir se « visibiliser » à l’instar de cet arbre qui cache la forêt. L’intention de semer la zizanie au sein d’associations, dont elles font quelquefois partie, pour les mener à leur perte, à leur disparition, ne fait plus aucun doute. Mais il n’est pas question de détailler ici les procédés honteux qu’elles utilisent. En effet, leur volonté d’occuper le terrain à l’image d’Epinal est immensément préjudiciable (preuves à l’appui ; cf. documents ; débat dans divers PV de certaines associations et même ouvertement sur l’Internet…)

Le cynisme peut s’avérer dans diverses formes de leurs interventions qui seraient, ici encore, longues à détailler. Il est, cependant, à retenir que les appétits dévoreuses s’emparent de certains cadres politiques avec les conséquences fâcheuses qu’on connaît, ternissant la réputation des uns et des autres potentiels concurrents. On a bien vu les péripéties que traverse l’Espace Mémorial de l’Immigration Marocaine, et on mesure l’intensité de la bataille pour la visibilité et l’ascension politique et sociale, étroitement mêlées, à la fois, à l’appropriation de tout un projet collectif, et à la marginalisation, au clientélisme, à l’allégeance (cf. débat au forum sur le site Wafin et au site de l’Emim qui n’est plus accessible, jusqu’au nouvel ordre !!).

 

Conclusion

Même dans une vie débordante, il nous faut savoir détecter les signes de la sénescence. C’est pourquoi, devant ces folles ambitions dévoreuses et préjudiciables – que ni le Centre d’égalité des chances, ni la Justice, ni diverses institutions ne sont en mesure d’en saisir la profonde et inquiétante portée –, la communauté immigrée et le tissu associatif devrait se prémunir d’un outil de protection efficace. Nous sommes en devoir de fonder un « Observatoire », sous forme d’asbl, pour instaurer un regard qui désigne les failles destructrices de l’ambition qui caracole sans solide harnachement aux plus hautes instances de partis ou même de l’Etat, administrant de violentes ruades à tout ce qui se trouve sur son passage… Nous devons nous protéger contre cette fantasia qui fera de nous des bannis, au sein même d’un Etat de Droit.

Cet « Observatoire » aura pour ambition d’instaurer un regard éthique émanant de l’intérieur de notre communauté. Aucune complaisance. Telle doit être sa devise.

Cet « Observatoire » aura à traiter de comportements inéquitables, d’abus de pouvoir venant de ces cadres politiques en question, ou venant de tout autre individu intéressé par les petites conquêtes du pouvoir en portant préjudice à autrui. Il aura pour fonction d’endiguer les débordements et d’éventuellement faire médiation, interpeller, critiquer, dénoncer, réconcilier et proposer. 

Il s’agit d’imposer une charte morale, un Code de bonne conduite, pour que chacun ait la part qui lui revient dans son humble participation au débat sociétal, et pour que nous puissions tous ensemble, mériter la prise de la parole…

 

Mohammed Belmaïzi



13:06 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/11/2003

Atatürk perd sa rue mais gagne sa place

La polémique fait rage au Conseil communal de Visé où le débat de la semaine concernait la dénomination de l'ancienne rue du Chemin de fer dans la localité de Cheratte, rebaptisée depuis déjà un an et demi rue M.K. Atatürk.  Cheratte est une commune qui compte un grand nombre d'habitants d'origine turque. 
Déjà à l'époque, la nouvelle rue inaugurée en grande pompe par le bourgmestre Neven et l'ambassadeur Gezer faisait la Une de nombreux médias au sein de la communauté turque.  Mais visiblement, l'affaire n'arrangeait pas tout le monde.  
Des Belges autochtones de mauvaises humeurs à l'idée de changer de cartes de visite où figurent une adresse "trop méditerranéenne" à leurs yeux ont fait front avec un groupe d'islamistes turcs anti-Atatürk (père de la République laïque) pour faire pression sur les autorités communales afin de revenir à la case départ.  
"Mais les autorités ont décidé cette fois de consulter large, très large en recueillant l'avis de présidents d'associations, de responsables de mosquées et des habitants du quartier", explique la radio liégeoise.  Franchement, demander à un "responsable" de mosquée s'il est d'accord avec l'appellation Atatürk, c'est un peu comme demander à l'IRA d'accepter une rue en hommage aux Windsor...  Finalement, un compromis a émergé à Cheratte en saucissonnant la rue en 3 tronçons : une partie reprendra l'ancien nom de Chemin de fer, une autre aura une nouvelle dénomination houillère et entre les deux viendra se coincer la nouvelle Place Atatürk.  Une solution qui a recueilli l'unanimité au Conseil communal de Visé moins l'abstention du groupe socialiste.        


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01/11/2003

Halloweenochtone

Rire, joie et bonne humeur ce vendredi soir (31/10/03) à Schaerbeek. Un contact me raconte l'histoire des gamins d'origine marocaine de son quartier déguisés pour l'occasion (Halloween) en monstre et sonnant chez les habitants avec une autre version de la phrase classique ("La bourse ou la vie?")  : "Madame, s'il vous plaît madame, des bonbons madame".  Imaginez-vous un instant des petits bouts "haut comme 3 melons" d'origine arabe et turque se baladant d'appartement en appartement à la quête de bonbons dans les rues de Schaerbeek.  "J'ai vite donné des bonbons car ils étaient trop mignons et rigolos à voir", poursuit-elle.  "Et puis, ils repassent en criant à nouveau mais je fais remarqué que j'avais déjà donné. Lucides, ils répondent 'ah oui, c'est juste', même cela est super joyeux", ajoute sa voisine.  Assez marrant de voir cette tradition américaine de la fête des morts cohabiter avec le mois sacré chez les Musulmans (Ramadan) et qui finalement se transforme en un weekend de fête, de joie et de... bonbons.  Vous avez des bonbons madame?   


15:24 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |