12/12/2003

Martine à la Chambre!

Lire un commentaire aussi limpide et pertinent que celui de Martine Vandemeulebroucke aujourd'hui dans Le Soir me rassure sur le futur du droit de vote. Ces derniers jours, les commentaires clairement islamophobes ont le vent en poupe dans l'arène politique. Et voici, un commentaire qui met les points sur les "i" concernant ce débat anachronique. Ah, si on avait à la Chambre des représentants qui puissent écrire ou dire des commentaires aussi tranchant!
 
Très clairement, je ne vois plus la différence entre un Hugo Coveliers (ex-VU et nouveau VLD hardliner pur jus) et un Philip (et non Filip!) Dewinter (VB).  Finalement, je préfère encore zapper que de tenter de convaincre des allergiques de la démocratie participative.   
 
Lire aussi l'excellent commentaire de Pierre-Yves Lambert  avec Le VLD: "un chef de gang mafieux, des lèche-culs et un gros idiot" http://minorites.babozor.net/article.php?IDA=90
   
 

Le Soir, le 12/12/2003  |  06 h 00
source : www.lesoir.be

COMMENTAIRE 

Propos passéistes pour un projet d'avenir

MARTINE VANDEMEULEBROUCKE

Une première proposition de loi (socialiste) en 1971, une déclaration gouvernementale - en 1979 - promettant le droit de vote aux immigrés pour les élections communales de 1982… La revendication du droit de vote pour tous les étrangers a exigé une détermination et une patience inouïes de la part du monde associatif et syndical. Aujourd'hui, ce droit de vote devient réalité. Mais il ne s'agit que du seul droit de vote, pas de l'éligibilité restée sur le bord de la voie du compromis politique. Tout ça pour ça, soupirent les associations. On peut comprendre leur déception. Elle est accentuée sans doute par la manière dont se sont déroulés les débats au Sénat. Virulence frôlant parfois les propos racistes chez les uns, soutien plus résigné qu'enthousiaste de la proposition MR chez les autres. Mais ce qui étonne peut-être le plus dans les arguments échangés, c'est leur caractère un peu suranné. On évoque les effets du droit de vote comme si nous étions toujours en 1970. Comme si l'immigration se réduisait encore et toujours aux populations marocaines et turques qu'il convient d'aider à s'intégrer… comme disait la déclaration gouvernementale de 1979. L'obligation d'une déclaration d'allégeance préalable à la Constitution est elle-même empreinte de ce présupposé : les bénéficiaires du droit de vote s'appelleraient tous Mohamed ou Ali et sont bien entendu musulmans.

C'est ignorer complètement qu'au cours de ces quinze dernières années, l'immigration est plus que jamais une mosaïque de nationalités et de cultures. Ceux qui voteront demain, ce ne sont pas seulement les rescapés de la première génération turco-marocaine qui n'ont pas acquis la nationalité belge. Ce sont aussi et surtout ceux qui ont fini par obtenir leur droit au séjour après une longue procédure d'asile, après une régularisation. Ce sont les sans-papiers à qui les ministres SP de l'Intérieur refusaient de parler en 1998 et en 1999. Et dont la plupart ont été régularisés depuis. C'est peut-être la famille kazakhe qui ne doit ses chances de rester en Belgique qu'à la médiatisation des talents de musicien d'un des enfants. Ce sont tous ceux qui continueront à arriver demain, sous les statuts les plus divers. Et qu'il faudra accueillir puis intégrer par une politique d'enseignement, de logement et d'emploi efficace. Par une vraie politique de l'immigration, donc. C'est déjà ce qui était demandé en 1970.





11:49 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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