29/08/2004

Uyttendaele - premier échevin étranger à Saint-Josse

Dring, dring, dring…20h03… la cloche dorée sonne la rentrée officielle ce 25 août 2004 du Conseil communal de Saint-Josse-ten-Noode, la plus petite mais aussi la plus dense des communes belges. On sent la bonne ambiance parmi les conseillers et échevins qui s’embrassent, s’enlacent et j’en passe. Les teints bronzés, sourires radieux, certains exhibent leurs nouvelles cravates plus larges que sous l’exercice précédent tandis que d’autres réajustent leurs coiffures avant le début de séance. Cette fois, le public est composé presque exclusivement d’une trentaine d’autochtones venu assister à 3 remplacements et autres points à l’ordre du jour.

Tandis que l’échevine socialiste Josée Van Den Bemden, exceptionnellement présente, envoie ses premiers bisous en direction d’un membre de l’opposition tout étonné de la voir siéger, le bourgmestre Jean Demannez (PS) annonce les premiers départs de Saint-Josse. Ainsi, Thomas Nagant (FDF) et François Perl (PS), deux des plus actifs conseillers communaux remettent leur écharpe pour cause de déménagement en dehors des limites communales d’une superficie totale de 1,1 m². Le conseiller Nagant est présent en silence cette fois sur les bancs du public pour écouter les belles paroles du bourgmestre à son égard. Il a été remplacé par Francis Impatient (FDF), pompier bruxellois, qui encaissera tout au long du conseil les jeux de mots assez lourds sur son patronyme. Le suppléant de François Perl n’est autre que Benoît de Streel, ex-échevin des Finances PRL de la commune, actuellement pensionné et en maladie. Il hésite encore à prêter serment pour siéger mais la loi exige deux autres convocations. Enfin, le troisième remplacement concerne l’échevin empêché et nouveau Secrétaire d’Etat bruxellois à la Propreté publique, aux Monuments et Sites, Emir Kir. Il est venu siéger comme conseiller communal et assister ainsi au sacre de son remplaçant Charly Uyttendaele, patron de la fromagerie « A la Petite Vache » sur la chaussée de Louvain.

Le grand perdant dans l’histoire est à nouveau le député-conseiller communal socialiste Mohamed Azzouzi qui après sa défaite contre Dorah Ilunga (lire http://minorites.babozor.net/article.php?IDA=269) se fait maintenant dévorer par la « Petite Vache ». Précisons que le PS local avait au préalable « screené » négativement Azzouzi, jugé trop proche du clan Mouzon et donc anti-Demannez, au profit de la seule candidature de Charly Uyttendaele. Ainsi, ce dernier apparaît comme le seul candidat au poste et décroche le strapontin avec 19 oui, 2 non et 4 abstentions. Charly Uyttendaele recevra les Classes Moyennes, Town Manager, les Ressources humaines, la Mobilité et le Tourisme. L’Instruction publique passe chez Dorah Ilunga, et les Affaires sociales sont repris par l’échevin socialiste Mohamed Jabour.

Il est 21h27 et l’image du Conseil devient pittoresque. On se croirait dans une scène norvégienne de la Sonate d’Automne d’Ingrid Bergman. L’échevin des Finances se perd dans le sommeil tandis que d’autres tirent la tronche. Et pourtant, le bourgmestre comme d’habitude tente de placer ses petites blagues lourdes afin de détendre l’atmosphère mais rien à faire, aujourd’hui le public sera également d’humeur… norvégienne.

L’opposition donne de la voix avec l’indomptable Ahmed Mouhssin (Ecolo) qui tente une première incise sur les heures d’ouverture d’un parc public. Comme le parc est beau, il aimerait que les heures d’ouverture soient plus larges pour les visiteurs. Impossible d’intervenir car, après vérification, il apparaît que ce parc est de la compétence régionale (et non communale comme les autres parcs), ce qui explique des heures d’ouverture différentes. Ensuite, le conseiller vert et son collègue M’Feddal Ez-Zammoury s’inquiètent de l’aération d’une salle de sports qui jouxte une maison de jeunes. La majorité précise qu’il ne s’agit pas d’une salle de sports mais d’une salle pour enfants. Ouf, on a eu peur ! Pour terminer, les deux conseillers s’attardent sur l’implantation d’un centre multimédia qui, d’après Ahmed Mouhssin, « sera à l’image du Bota, à savoir situé à Saint-Josse mais par pour Saint-Josse ! » Le bourgmestre ne partagera pas l’avis de l’opposition. Sans blague…

Mais nous découvrons le plus incroyable bien après la séance. Ainsi, à partir d’une enquête de voisinage qui avait pour but de cerner la personnalité du nouvel échevin, on s’aperçoit en réalité que le nouvel échevin saint-josse-ten-noodois n’habite même pas la commune ! Après vérification, on constate avec stupéfaction que M. Uyttendaele et son épouse habitent bien un appartement rue Ortélius à 1040 Bruxelles et qu’il possède donc une adresse fictive au-dessus de sa fromagerie à 1210 Bruxelles. Charly Uyttendaele devient donc le premier échevin étranger à Saint-Josse, c’est-à-dire étranger à la commune. En voilà un qui a réussi à ne pas se situer à Saint-Josse tout en promettant d’œuvrer pour Saint-Josse. Le bourgmestre, qui par ailleurs connaît de longues dates l’intéressé, n’a-t-il pas eu le temps d’effectuer cette simple vérification ?



Entretien avec Nezahat Namli

« Je suis aussi d’origine turque ! »

MK : Vous restez toute seule comme échevine d’origine turque au collège, vos impressions ?
N. Namli : C’est vrai qu’avec Emir, on se soutenait assez bien…

MK : Mais vous êtes dans des partis concurrents, non ?
N. Namli : Oui mais quand même avec Emir, on travaillait bien ensemble. C’est dommage quoi…

MK : Madame l’échevine, on a récemment indiqué de manière erronnée que Saint-Josse perdait son dernier échevin d’origine turque. Avez-vous été offusquée ?
N. Namli : Mais oui, je suis aussi d’origine turque, je suis désolée ! Je ne comprends pas ce qui s’est passé.

MK : Peut-être que justement vous avez été relativement invisible dans l’exercice de votre mandat
N. Namli : Mais je suis quand même assez visible et pas mal sur le terrain. Par exemple, concernant la propreté publique, on a fait quand même pas mal de choses notamment concernant les enlèvements gratuits des encombrants à domicile. Quand je suis arrivée, il n’y avait que 48 lits à la crèche Reine Elisabeth et on a monté sa capacité à 60.

MK : Vous êtes aussi échevine des Cultes ?
N. Namli : Concernant le culte, on n’a rien fait mais j’espère que cette année on pourra commencer quelque chose…

MK : Vous n’avez rien fait pour le culte ?
N. Namli : Mais, il n’y avait pas grand chose à faire. On n’a eu que 10.000 euros cette année dans le budget. Cette argent est toujours là pour le moment mais il n’y a pas de demandes. On attend les demandes écrites et on aimerait utiliser l’argent pour la sécurité (portes coupe-feux, extincteurs,…). Je ne sais pas pourquoi les mosquées n’introduisent pas de demandes. On va créer une commission consultative des cultes et on verra alors avec l’Exécutif des musulmans.
 


14:33 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/08/2004

Kris cross shopping minister

Incroyable comment certains deviennent ministre en Flandre. Après les apparatchiks et les B-V (Bekende-Vlamingen pour flamands célèbres), place maintenant au parachute express. Ainsi, le ministre-président flamand qui forme son équipe comme s'il faisait ses courses chez Carrefour (ou Colruyt, ça fait un peu plus CD&V). Alors, imaginez la scène : Yves s'ennuit, chipote dans le répertoire de son mobile et tombe sur la lettre P. "Salut Kris, tu veux devenir ministre pour 5 ans? Attention, je te pose la question politiquement hein! Tiens, je vais à l'hôtel de Ville, on se boit une chope et on discute de tout ça devant les journalistes? @+" On dirait le one-stop shopping minister... 10 jours plus tard, Kris Peeters (ex-Unizo, patrons des patrons de PME flamandes) prête serment comme ministre flamand des Travaux Publics, de l'Environnement et de l'Energie. Pas un seul Van Rompuy, l'ambiance doit être chaude chez les chrétiens-démocrates flamands. A moins, qu'ils préparent un coup pour le fédéral...   
  
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"En fait, Yves Leterme m'a appelé le 11 juillet, alors que j'étais en route pour l'hôtel de ville de Bruxelles, pour les célébrations de la fête de la Communauté flamande. Il s'y rendait également, et là-bas il m'a pris à part pour me demander si je serais éventuellement intéressé par un portefeuille ministériel. A ce moment-là, je savais que la question se posait politiquement mais pour moi c'était encore un peu flou. Je lui ai dit que s'il avait quelque chose de concret à me proposer et qu'il avait l'accord des autres partis, j'y réfléchirais. En nous voyant revenir, des journalistes m'ont demandé si c'était vrai que j'allais devenir ministre. J'ai dit «Pas de commentaires». Je savais aussi que la situation était loin d'être évidente au sein même du CD&V, par rapport à tout cela. Finalement, dans la nuit du 21 juillet, Yves Leterme m'a rappelé pour me dire que j'avais les travaux publics, l'énergie et l'environnement. Le lendemain matin à 8 heures, j'ai annoncé au comité de direction de l'Unizo que je quittais mes fonctions et trois heures plus tard, je prêtais serment !"
http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&am...

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09/08/2004

Gavanisation des esprits

Voici un mémoire intéressant d'un étudiant flamand sur la manière dont les journaux anversois traitent des personnes allochtones. Aucune surprise : la place accordée aux personnes d'origine étrangère dans les médias anversois est trop faible, souvent les nouvelles véhicules des clichés et les individus sont souvent dépeint comme des criminels. Qui est le plus mauvais élève? Suspense... le Gava (Gazet van Antwerpen) dont les relations amicales avec le Vlaams Blok ne sont plus à démontrer. Le Gava vient également de virer son rédac'chef qui comme un autre de la VRT attend sans doute sa place au sein du parti extrémiste lors des prochaines élections. Où le VB est-il le plus fort? A Anvers. Une relation de cause à effet entre le fait divers et le vote raciste ?  

 

De Morgen -

BRUSSEL Eigen berichtgeving Liesbeth Van Impe

 

Allochtonen komen weinig aan bod in de Antwerpse media, en als ze al eens de voorpagina’s halen, dan is het als criminelen of onruststokers.

Hun mening wordt trouwens zelden gevraagd over thema’s die niet direct met hun vreemde afkomst te maken hebben.

Dat zijn in een notendop de conclusies van het onderzoek dat Sil Ronsmans, laatstejaarsstudente communicatiewetenschappen aan de VUB, voor haar verhandeling uitvoerde.

Vier weken lang ploos Ronsmans zeven Antwerpse publicaties uit, op zoek naar berichten over allochtonen.

 

Het ging om drie nationale dagbladen, Gazet van Antwerpen, De Nieuwe Gazeten Metro, twee regionale uitgaven, Zone 03 en De Streekkrant, en twee stadspublicaties, De Antwerpenaar en de elektronische nieuwsbrief van de stad Antwerpen. “Het onderzoek paste in een bredere studie van allochtonen in Antwerpen, uitgevoerd door Verbal Vision vzw”, zegt Ronsmans. “Daarom koos ik de publicaties die door de meeste Antwerpenaren gelezen worden.” De resultaten van het onderzoek tonen aan dat allochtonen nog altijd ondervertegenwoordigd zijn op de krantenpagina’s. De berichten waarin ze aan bod komen, zijn vaak heel kort en worden in een uithoek van de krant weggemoffeld. “Meer dan de helft van de artikels telt 30 regels of minder. De voorpagina halen zit er voor de meeste allochtonen enkel in als ze criminele feiten plegen of als ze onaangepast gedrag vertonen.

 

Positief nieuws is vaak ver te zoeken”, volgens Ronsmans. “Er wordt ook zelden ingegaan op de achterliggende problematiek. Zo worden er wel artikels gewijd aan taalachterstand of schoolmoeheid, maar niet aan de problemen die er aan de basis van liggen.” Er is wel een verschil tussen de onderzochte media. De Antwerpenaar en de nieuwsbrief van de stad, allebei overheidscommunicatie, berichten opmerkelijk positiever over allochtonen. “Die publicaties zijn heel politiek correct. Ze proberen de stereotypen die je in andere media aantreft net te ontkrachten. Ze breken het thema ook open. Zo vragen ze allochtonen ook hun mening over dingen die niet meteen met hun achtergrond of met integratie te maken hebben. Allochtonen ko men er vaker als gewone Antwerpenaren aan het woord.” Gazet van Antwerpen, waar onlangs nog een nieuwe hoofdredacteur aangesteld werd, komt het slechtst uit het onderzoek.

 

 “Berichtgeving over allochtonen is daar overwegend negatief, met heel veel stereotype voorstellingen. In De Nieuwe Gazet zul je bijvoorbeeld ook positieve opinieartikels vinden en zowel positieve als negatieve lezersbrieven; in Gazet van Antwerpen alleen negatieve. Daar moet toch iets aan de selectie schorten, denk ik.” Ronsmans pleit voor meer objectiviteit en berichtgeving die de kloof tussen Vlamingen en allochtonen kan helpen te dichten. “Nog altijd wordt bij misdaadnieuws de nationaliteit van de daders vermeld, ook als dat helemaal niet relevant is. Allochtonen worden bovendien nog te vaak gezien als spreekbuis van een minderheid, die over andere onderwerpen niets te zeggen heeft.”

13:32 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

08/08/2004

La Dernière erreur?

C'est peut-être un fait anodin mais je viens de lire un fait divers dans le quotidien populaire bruxellois sur une tentative de meurtre. Le journaliste allophobe G. Ducont indique à plusieurs reprises l'origine des personnes (alors que cela n'apporte rien à l'information) pour le fait divers, se trompe sur le nom de l'hôpital, n'arrive pas à correctement orthographier le prénom du principal suspect... C'est vraiment une obsession chez ce rédacteur de vouloir doser la sauce sur les origines dès qu'un fait divers concerne les personnes issues de l'immigration. Visiblement, il ne connaît ni le dossier, ni les faits et ne s'intéressent pas au contexte.
 
Encore un papier qui alimentera la peur, l'insécurité, les menaces chez mon voisin d'Uccle. Alors cher voisin, écoute-moi bien : oui c'est publié dans le journal mais le journaliste a fait des erreurs factuelles et déontologiques graves. Oui, un journaliste peut se tromper, ca arrive. Errare humanum est, sed persevare diabolicum...
 

01:05 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/08/2004

Tu vas au cabinet?

C’est bon, la plupart du personnel politique tente de souffler un bon coup avant la reprise (des dossiers, pas de l’économie) début septembre… alors d’ici là c’est un peu le calme complet.

 

Durant cette période, le vrai lobbying des futurs membres de cabinet se complexifie. La liste est encore plus longue que les candidats à la candidature pour les listes électorales. Placement des militants de l’appareil, arrimage des nouveaux pouces politiques, recasage des vaincus, la bataille fait rage pour se frayer un vrai chemin (et surtout un job) dans un des 58 cabinets ministériels que compte la Belgique.

 

Les premières déclarations des nouveaux ministres indiquent, si besoin était, le grand nombre de ce personnel. Du côté francophone, même si le nombre de ministres se rétrécit avec la renaissance des doubles casquettes région-communauté, le chiffre total des cabinettards (371) augmente de 13 unités par rapport à l’ère Hasquin. Mais on nous promet une économie en terme de dépense d’environ 4.000 euros sur base annuelle. On se demande comment mais qui vivra verra…

 

Du côté flamand, les cabinets du premier gouvernement Leterme compteront au total 490 : 13 chefs de cabinet, 99 conseillers généraux, 64 attachés et 314 membres du personnel exécutifs et additionnels. Le nombre total des cabinettards du précédent gouvernement flamand oscillait entre 468 et 560.

Ce sont surtout les exécutifs régionaux et communautaires qui s’attaqueront à l’établissement de l’organigramme mais aussi les nouveaux cabinets au niveau fédéral suite à la dernière valse.

 

Alors la question fatale : qui décide de l’embauche ? Le plus gros poids est attribué généralement à l’appareil du parti qui tente de répondre au recyclage des militants (y compris des fonctionnaires). Ensuite, les ministres essayent souvent de débaucher des spécialistes dans leurs dossiers et ensuite le réseau relationnel. Pour tout engagement, il faut souvent le feu vert du chef de cabinet. Normalement, aucune attention n’est accordée à la diversité (multiculturalité), au genre (équilibre homme-femme) ou aux personnes moins valides. Le statut d’un membre de cabinet est extrêmement précaire (horaire flexible, pas de sécurité d’emploi,...) et c’est par arrêté qu’ils sont nommés mais généralement bien rémunérés. 

 

Alors, téléphonez un maximum pour connaître les dernières rumeurs de nominations car je viens d'entendre que l'opérateur historique va augmenter ses prix (encore?!). En été, en douce, ni vu ni connu... ca me donne envie de lancer la journée sans téléphone. 

 

 


00:53 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |