09/11/2004

Falloujah Fighters!

On se croirait dans un vrai jeu vidéo à suspense. La manière dont le Gava (Gazet van Antwerpen) - qui reprend sans doute une dépèche d'agence - explique l'offensive américaine à Falloujah me laisse perplexe sur la couverture du conflit. C'est tellement inhumain que l'article pousse le lecteur à crier "Coman boys, you can do it!". Dans ce jeu de rue, les Falloujah Fighters dominent le devant de la scène. Cool, on peut sortir la grosse bombe car le premier ministre irakien Ayad Alawi vient de déclarer l'état d'urgence (quoi le pays était pacifié?). Vont-ils réussir à contrôler la ville, l'hôpital militaire, chasser les méchants habitants de la ville pour venir y instaurer la démocratie ? Un vrai jeu de stratège quoi. Bon, pas de place ici pour les "weapons of mass destruction", Falloujah n'aurait pas acheté de l'uranium appauvri en Afrique, des experts de la CIA pensent que ces personnes auraient eu l'intention de développer des armes chimiques, ... A ce stade, on a déjà oublié ce que signifiait l'ONU et la prévention des conflits. Plus de 600 victimes lors des premières offensives ont déjà été enterrées sous le stade de football de la ville. Pendant ce temps, durant le mois sacré du ramadan pour les musulmans, aucun dirigeant arabe ne s'est exprimé pour condamner les bombardements. Les voies du seigneur sont parfois si impénétrables...  


02:36 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Odeur de sainteté pétrolifère Cher Mehmet,
Ton blog, (lien découvert chez Ubu,) me plaît de plus en plus!
Moi aussi, j'ai été étonné d'apprendre que l'état d'urgence était déclaré dans un pays déjà en guerre!
Eh bien, si les musulmans ne condamnent pas les bombardements, un Belge le fait!
J'aurais voulu ajouter à ton article une réflexion peronnelle:
Si au début du conflit, Saddam était (peut-être) une menace pour les Etas-Unis, une semaine plus tard, il ne l'était certainement plus!
Alors, puisqu'on ne peut jamais imposer une "démocratie" contre la volonté de son peuple, il fallait laisser le pays s'auto-déterminer, surtout que les services publics fonctionnaient encore après la chute du dictateur...
Les chrétiens disent que l'enfer est pavé de bonnes intentions...
Alors que dire quand les intentions sont souillées par le pétrole?
Amitiés.

Écrit par : Armand | 09/11/2004

... MERCI Armand, je suis très content de lire tes commentaires. Une petite précision tout de même : je suis content que Saddam n'est plus au pouvoir (je ne sais pas si c'était clair). J'adore ta remarque sur l'enfer et les bonnes intentions...

Écrit par : mehmet | 09/11/2004

C'est une manière comme une autre... de déresponsabiliser le lecteur : présenter la guerre comme un jeu !!! Quand on songe que notre pays n'est même pas en guerre... Et que les Usa partaient pour détruire une dictature et rendre sa liberté à une population opprimée (J'ai quand même un gros doute là !) : libère-t-on des morts ? Si quelqu'un ose évoquer des dégâts collatéraux, je frappe !
Il serait temps de savoir si on crée un nouveau pouvoir souverain ou une nouvelle colonie en Irak, maintenant que Saddam est enfin tombé.
A bientôt.

Écrit par : Ubu | 09/11/2004

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