15/02/2005

Origine de Bruxelles

Pour les historiens, l'origine de Bruxelles reste un mystère. Des fouilles archéologiques ont révélé que se sont succédés des villages néolothiques, des villas romaines et des fermes mérovingiennes en bord de Senne. Bruxelles s'est développée au départ du hameau carolingien de Bruocsella, blotti dans la vallée de la Senne.

En 977, il est offert à Charles de France, duc de Basse-Lorraine, qui fait construire un château dans cette zone marécageuse de la vallée. Deux ans plus tard, le duc Charles de France s'y établit. Cette année 979 est considérée par de nombreux historiens comme la date de fondation de Bruxelles, encore dénommée Broekzele (broek=marais, zele=domicile) en ce temps. Au fil des ans, des artisans et commerçants viennent s'établir autour du hameau.

Le domaine est alors repris par les comtes de Louvain. L'un d'entre eux, Lambert II, décide de protéger la ville en l'entourant d'un grand mur d'enceinte. Il faudra près d'un demi-siècle pour construire cette muraille. Dans le même temps, les comtes abandonnent leur ancienne résidence (castrum) et emménagent dans un nouveau château, érigé sur la colline du Koudenberg. Bruxelles est désormais une ville à part entière.

(source : Brusselleir, publication de la ville de Bruxelles)

17:17 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

12/02/2005

Ecole et colles

De plus en plus d’enfants s’inscrivent dans l’enseignement néerlandophone bruxellois. Cette année, les écoles flamandes de Bruxelles ont enregistré une hausse de 3,7 % du taux des inscriptions et la stratégie scolaire des parents allochtones y est certainement pour quelque chose. On apprend en lisant la presse flamande que « 25 ans auparavant, seulement 1 élève sur 10 provenait d’une famille non-néerlandophone alors qu’aujourd’hui la proportion est de 3 sur 10 ». Tant mieux pour les établissements et merci aussi les allochtones. Il est évident que la stratégie scolaire des personnes d’origine étrangère à Bruxelles joue un rôle primordial dans la fréquentation scolaire et par conséquent dans le financement de ces établissements.

De plus en plus de parents allochtones bruxellois mettent leurs enfants dans une école néerlandophone. La logique est assez clair : déjà qu’on est discriminé à l’embauche, mieux vaut au moins garantir un avenir bilingue (FR-NL) à mon enfant pour éviter un handicap. Les enfants apprendront certainement le français en ville étant entendu que Bruxelles est une ville à plus de 85 % francophone. Par ailleurs, il est évident que de nos jours le marché de l’emploi préfère un néerlandophone parlant le français avec accent que l’inverse.

C’est assez symptomatique de la décadence d’un réseau scolaire francophone laissé à l’abandon durant une vingtaine d’années. Car 20 ans auparavant, même les autochones flamands préféraient mettre leurs enfants dans l’enseignement francophone afin de leur garantir un avenir au sein de la bourgeoisie francophile. J’imagine la déception du mauvais calcul aujourd’hui.

Plus le temps passe, plus les instituteurs que je rencontre me disent du mal sur le niveau décadent de l’enseignement. C’est vrai que j’entendais les mêmes discours dans les couloirs alors que je n’étais que sur les bancs en culotte courte mais visiblement ils n’avaient pas vu pire. Bonne nouvelle donc, nous n’étions pas les gros nuls que nous entendions à demi-mot ; mauvaise nouvelle, les gros nuls seraient aujourd’hui sur les bancs. Pas sûr non plus sur ce dernier point.

Le gros problème actuel est la consitution d’écoles « noires » dans les quartiers populaires de la capitale face aux écoles « blanches » des beaux quartiers. L’année passée, on assistait même à une coalition blanche dans le réseau néerlandophone avec des parents qui campaient littéralement devant les portes pour inscrire leurs gosses dans les bonnes écoles. Les places étant limitées, on inscrivait ses gosses comme on achète un DNS sur internet : le principe du premier arrivé, premier servi. L’année dernière, une école néerlandophone pouvait refuser l’inscription d’un enfant allochtone si le taux de non-néerlandophones dans l’école a atteint les 73,2 % du total. Les députés ont réfléchi et ils ont décidé d’inverser le décret en instaurant un seuil de 26,8 % des places réservées aux enfants néerlandophones. La question est maintenant de savoir si l’allochtone est néerlandophone ou francophone… l’idée était de répandre la masse des petits Mohamed (le prénom le plus populaire à Bruxelles) à travers le réseau en évitant les classes « noires ». Visiblement grâce au maintien du système « premier arrivé, premier inscrit », les écoles blanches restent toujours autant blanches tandis que les noires se noircissent davantage.

Difficile de gérer la concurrence entre écoles, réseaux et l’origine ethno-linguistique…

[mehmet]

réaction d'Armand

Commentaires personnels
Cher Mehmet,
Deviendrais-tu raciste? (Boutade, car tu ne comprends pas toujours mon humour!)Tu écris: "Visiblement grâce au maintien du système « premier arrivé, premier inscrit », les écoles blanches restent toujours autant blanches tandis que les noires se noircissent davantage."La seule interprétation possible est que les allochtones ne seraient pas assez motivés et prévoyants (d'après toi) et seraient alors obligés d'inscrire leurs gosses dans des écoles "noires", les autres étant déjà complètes.

L'explication, pour moi, est économique (j'ai constaté que tout est économique): les écoles "blanches" exigent plus d'argent des parents: classes de neige et autres voyages, visites de monuments en province, jeunesses musicales..., ce qui décourage les moins nantis...Je crois que le racisme est un facteur beaucoup moins important que la différence d'éducation et de pouvoir d'achat dans les ségrégations pour l'embauche, le logement, l'accès aux banques... mais ceci est une autre histoire!

Amitiés
P.S. Je me demande ce que Ubu pense quand tu dis "Par ailleurs, il est évident que de nos jours le marché de l’emploi préfère un néerlandophone parlant le français avec accent que l’inverse."

réaction de Joseph S.

Ecoles
Je suis d'accord tant avec Mehmet qu'avec Armand. La question des écoles "blanches" et des écoles "noires" n'est pas qu'une question de racisme. Il y a la question économique, sociale, culturelle qui a, notamment, induit la création des ghettos à Bruxelles. Aujourd'hui, les parents de Schaerbeek et Saint-Josse, principalement d'origine allochtone, mettent leurs enfants dans l'école du coin de la rue qui, en conséquence, cumule les handicaps puisque n'accueillant que les enfants d'un public socio-culturellement défavorisé. Ceci sans tenir compte des origines diverses des intéressés et des primo-arrivants, ce qui aboutit à n'avoir, dans certaines écoles, comme objectif que d'essayer, dans bien que mal, d'inculquer des notions correctes de fraçais à tout le monde.

D'un autre côté, les parents plus favorisés socio-culturellement font, eux, l'effort intellectuel de mettre leurs enfants dans des écoles en dehors de leur quartier et/ou dans des écoles néerlandophones. Cela étant, il ne suffit pas de mettre son enfant dans l'enseignement en néerlandais pour tout régler. Si l'on ne parle que turc et éventuellement français à la maison, l'enfant risque fort de ne pas s'en sortir.

réaction de Mehmet
Je suis d'accord...
avec tous les deux :)) C'est vrai que je n'ai pas eu le temps de parler de l'handicap économique (Armand) et aussi du cas des écoles à forte concentration turcophone à Bruxelles (Joseph S., tiens c'est marrant, je ne savais pas que tu lisais mon blog illustre inconnu :))

J'aurais aussi voulu aborder l'aspect juridique de la question car toutes mesures légales risquent un recours devant la Cour d'Arbritrage (art. 24 de la Const) et la difficulté pour les élus de légiférer en respectant le pacte scolaire. Je voulais aussi mentionner l'image semi-bonne du réseau libre (catholique) et la débilité de certaines dispositions (récitation d'Ave Maria dans une classe à majorité d'élèves de confession musulmane ou les symboles religieux uniques dans la classe) et de l'image semi-catastrophique du réseau officiel (étatique - laïc) avec son manque de moyens et le taux d'absentéisme ou de dépression chez les profs.
Mais désolé, pas beaucoup de temps...

réaction de Ubu
http://ubucasa.skynetblogs.be

Beaucoup de problèmes en une fois ! ;)
Je ne peux parler que de l'enseignement francophone : c'est là que je fonctionne ;)

- Sur la problème des langues : on avait établi, dans le temps, qu'avec l'ancien système d'apprentissage, un élève parlait en moyenne 5 minutes dans toute sa scolarité. Les nouveaux programmes (depuis quelques années) obligent à 20 activités annuelles par compétence communicationnelle (lire, écrire, écouter, parler) . Pourtant on est bien loin du"Tous bilingues en 2001" de Laurette : apparemment, dans ce domaine, on évite les enquêtes. De crainte de voir qui sont les professeurs recrutés ? Par ailleurs, les investissements flamands dans le centre-ville, la part importante de navetteurs de Flandre ont mené à des cours de néerlandais pour les commerçants du centre-ville (on n'a pas évoqué d'initiative dans l'autre sens : n'y en aurait-il pas ?). Seulement, les autres communes bruxelloises sont loin d'être réellement bilingues : ainsi, à ma connaissance, Ixelles n'a aucun élu communal flamand. Il faut donc distinguer un bilinguisme d'usage (peu présent) et un bilinguisme économique (Ah ces annonces réclamant des vendeuses trilingues à mi-temps) : je crains que mes élèves n'aient que fort peu l'occasion d'utiliser leur néerlandais.

- Sur la politique d'inscription : j'ai été sidéré, récemment, par une anecdote. Une collègue désirait inscrire sa fille dans une école de la Ville de Bruxelles (une bonne école !) : elle a dû longuement patienter au téléphone le 10 janvier, pour être certaine d'obtenir cette inscription !!! Le modèle des écoles de quartier n'a pas survécu : les discriminations positives (D+) et la politique élitiste (inscription sur base des résultats du bulletin : c'est illégal mais souvent pratiqué) d'une partie des écoles de la Ville en sont coresponsables, à mon avis. Ainsi, les écoles de ma commune comptent très peu d'élèves des beaux quartiers : tous au centre-ville ! Résultat : aucune mixité sociale et culturelle (plus de 90% d'élèves d'origine allochtone ou immigrée, ce qui dans pas mal de représentations est du pareil au même, y compris chez mes élèves) et les élèves des autres communes viennent dans le cadre du tour des écoles en D+. Les ghettos sociaux sont donc encore renforcés par la politique scolaire (cf Jacquemotte) : quelle proportion de professeurs et d'éducateurs allochtones en D+ ? A tel point que certains d'entre eux entendent : "Entre Marocains, on ne se fait pas ça !" Réponse heureuse de l'éducateur ainsi interpellé : "Ici, je ne suis pas Marocain, je suis éducateur" N'empêche, le signal global n'est pas très bien perçu par les élèves : ils ont l'impression d'être délaissés et de ne rien valoir. Impression ressentie aussi par moi : lors de séances de formation du réseau de la CF, on avait constitué deux groupes, celui des D+ et celui des "autres" (les normales ?)

- Les frais complémentaires (je rappelle qu'ils ne peuvent constituer une obligation légale) : dans certaines bonnes écoles, certaines activités complémentaires payantes et obligatoirs sont organisées. Ainsi, une fameuse école près du Palais de Justice organise des cours particuliers, des ateliers donnés par ses profs et obligatoires : la plupart des parents acceptent ce système. A contrario, lorsqu'une initiative comme le tutorat ULB (les tuteurs n'étant pas toujours compétents, la demande s'estompe en cours d'année !) ou une école de devoirs est lancée dans une école comme la nôtre (avec participation symbolique : 10 euros pour deux mois, environ), elle connaît un grand succès, durable dans le second cas. A tel point que la commune a décidé de renforcer ses subventions dans notre école, pourtant de la CF.

En conclusion (provisoire mais j'ai déjà été un peu longuet, non?), je pense que le phénomène que tu analyses, cher Mehmet, est significatif à plus d'un titre : des représentations caricaturent une réalité très complexe. Mais cette réalité n'est peut-être pas différente de celle des écoles wallonnes : elle est seulement plus pointue à Bruxelles à cause du problème linguistique belge (j'ai travaillé dans une commune à facilités pour les néerlandophones : plusieurs élèves avaient suivi des études primaires en ndls) et des problèmes linguistiques des élèves allochtones (Bruxelles est d'ailleurs la première région à avoir laissé tomber l'appellation de "français langue maternelle"). De plus, la prise de conscience tardive de l'existence de quartiers-ghettos n'est pas sans conséquence : je crains qu'elle n'ait que peu d'impact auprès des gestionnaires de la CF, encore actuellement...

A bientôt ;)

05:08 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

08/02/2005

La taupe à Anvers

Enquête de Raf Sauviller sur « Comment le Vlaams Belang a infiltré la police anversoise ». D’après certaines déclarations anonymes venant du corps policier lui-même, le parti extrémiste entretiendrait un grand réseau bien organisé d’espions et de sabotteurs… On apprend en lisant l'article que depuis longtemps les plus hautes fonctions de la police anversoise entretiennent des relations très étroites avec le parti extrémiste. C'est assez curieux car à chaque passage à Anvers, le policier devient "expert en sécurité" pour un responsable politique et plus fréquemment pour le Vlaams Belang.

A la lecture du document, j'ai fortement eu l'impression d'un règlement de compte entre policiers mais l'article reste intéressant pour se faire une idée des postes convoités et des stratégies d'infiltration politique notamment en créant des "amicales" policières. Encore une bonne raison de ne jamais acheter le pseudo-autocollant obligatoire annuel de la police locale. Dans certains quartiers bruxellois, des habitants allochtones m'ont affirmé à plusieurs reprises que des "agents" sonnaient chez eux en insistant fortement pour l'achat d'un autocollant de soutien. Après renseignement auprès de la zone de police, on m'a dit qu'il faut déposer immédiatement plainte car aucun policier n'est mandaté pour de tels agissements. Mieux vaut le savoir...

plus d'info sur : www.deng.be – février 2005

07:07 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

07/02/2005

Le programme en 7 points des allochtones

Un dossier complet effectué sur les allochtones en Flandre à partir des publics cibles au sein de la population d’origine étrangère (jeunes musulmans, jeunes filles urbaines, mères ayant des enfants, papas d’adolescents, imams et profs de religion, jeunes ayant un haut niveau d’études, travailleurs, employeurs, porte-paroles,…) qui arrive à dégager des analyses sur des thèmes comme les normes et valeurs, l’image des allochtones dans les médias et chez les politiques, le sentiment de se sentir chez soi, l’enseignement, l’emploi, la liberté de culte et la participation politique. Les principales populations étudiées sont d’origine turque et marocaine, soit les 2 plus grosses communautés extra-européennes en Flandre.

plus d'info sur : www.mo.be

12:40 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |