13/05/2005

BHV : la fin de la guerre civile belge ?

Une banale histoire d’arrondissement électoral et judiciaire (Bruxelles-Halle-Vilvoorde) plombe la vie politique belge au quotidien depuis plus de deux ans. Pour comprendre l’objectif respectif des deux groupes linguistiques sur scène (flamand vs francophone), il suffit de s’arrêter aux sigles BHV ou B-HV. Maintenir l’arrondissement en réformant la loi électorale pour rétablir la conformité requise par la Cour d’arbitrage pensent les Francophones ou scinder l’arrondissement entre Bruxelles d’une part et Halle-Vilvoorde d’autre part comme le souhaitent les Flamands afin d’empêcher les électeurs de pouvoir voter pour des listes francophones.

Un sujet qui fait bien rire nos voisins en plein débat sur la construction européenne mais pleurer les Belges. Mais au fond, BHV est-ce important ? Plus important que la commémoration de la fin de la Deuxième Guerre mondiale à Moscou pour le Premier ministre Guy Verhofstadt (VLD) qui a préféré annuler son départ pour s’attaquer à… un arrondissement électoral. A-t-il réussi à sortir de BHV ? Non, le gouvernement n’a pas trouvé d’accord mais le débat pourra reprendre … après les élections de 2007.

Le quotidien flamand De Morgen notait avec une pointe d’ironie le traitement de ce dossier par les correspondants de la presse étrangère : « Un observateur extérieur de ce type est le correspondant bruxellois du journal britannique de référence The Times. Celui-ci a apporté hier un nouvel éclairage sur l'affaire Bruxelles-Hal-Vilvorde. Selon Anthony Brown, la guerre linguistique s'est à nouveau déchaînée dans cet amusant pays, et cela a déclenché des "émeutes". La situation "n'est plus sous contrôle" et "des manifestations se sont termineées par un affrontement violent avec la police". Hé bien, nous aussi on s'est cassés la tête à propos de la nature et de l'ampleur de ces émeutes et de toute cette violence. Avec une seule conclusion: Anthony Brown faisait probablement allusion à cette unique manifestation sous un petit soleil de printemps à Linkebeek, où quelques centaines de Flamands et de Wallons devaient manifester, au besoin les uns contre les autres. La seule chose qui fut à l'époque douloureuse était l'accoutrement des gens de la N-VA, qui sont sortis dans la rue avec des chapeaux haut-de-forme. Mais c'est vrai qu'il y avait beaucoup de policiers. Plus que de manifestants. A la rédaction, ça nous fait penser à la crise des Fourons. Quand celle-ci atteignit un point d'orgue, un journaliste politique de l'époque, de notre journal, reçut un coup de fil d'un collègue d'Irlande du Nord. Pour lui demander s'il voulait bien lui exposer le contexte de la "guerre civile" en Belgique. »

Deux ans de débat dans le vide sur le dossier BHV. Maintenant qu’il est au frigo communautaire (toujours temporaire), le gouvernement va enfin pouvoir créer 200.000 emplois en plus des pertes subies par les licenciements à grande échelle (Sabena, VW, …).

[merci à PYL pour l'info]

11:02 Écrit par mehmet | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

From Anthony Browne in Brussels May 09, 2005

The language battle that is tearing Belgium apart
From Anthony Browne in Brussels

LANGUAGE wars between French and Flemish-speakers in Belgium have reignited, sparking riots, bringing the Government to the brink of collapse and prompting some commentators to say that the country is "finished".

The dispute, over whether 120,000 French-speakers living in Flemish areas should have the right to elect French- speaking politicians, arouses high passions in a country split between the two languages.

As the apparently innocuous spat in an electoral district just outside Brussels escalated out of control, demonstrations ended in violent confrontations with police. Senior government ministers cancelled all other work for emergency negotiations, but failed to broker a deal over the weekend.

"It is clear — there is no progress," Laurette Onkelink, the Francophone Socialist vice-premier said.

The unresolved dispute will now be handed over to the federal parliament to try to broker a deal.

"For the Government, for the majority and the country, this week will be pivotal," Johan Vande Lanotte, the Institutional Reform Minister, said.

Such is the anger on both sides of the linguistic divide that the French-language Le Soir newspaper wondered on its front page: "Is Belgium finished?"

The linguistic schism is so deep that no political party yet straddles the language divide. There are two separate Socialist parties, one French and one Flemish, a dialect of Dutch. There are two national theatres, and universities and hospitals are either French or Flemish, with doctors sending patients to a particular hospital on the basis of their language.

Belgium — the last surviving artificially created state in Europe after the collapse of the Soviet Union, Czechoslovakia and Yugoslavia — has tried to resolve the tensions by dividing itself into three semi-independent regions. In the north is the Flemish-speaking Flanders, where the largest political party is the separatist Vlaams Berlang; in the south, the poorer French-speaking Waloonia; and embedded within Flanders is Brussels, the only region of the country that is officially bilingual, although in practice it is more than 80 per cent Francophone.

The latest dispute has arisen because Brussels is surrounded by a commuter belt in Flemish territory and French-speakers living there want to have the same language rights as if they lived in Brussels.

In Flemish communities, all official business and advertising has to be in Flemish, making it difficult for French-speakers to have dealings with their local authority.

The Flemish, who make up 60 per cent of the 10.5 million population, complain that in many areas, most notably Brussels, French is taking over. Brussels was historically a Flemish city — and is still the capital of the Flanders region, as well as the national capital — but it has become almost totally Francophone, making the Flemish resentful that they have difficulty using their own language in their own capital.

Écrit par : mehmet | 13/05/2005

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